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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 avril 2020

Alors que beaucoup d’exilés tentent toujours de rejoindre l’Europe, de nombreuses ONG ont suspendu leurs activités de secours en mer et les autorités maltaises et italiennes ont annoncé la fermeture de leurs ports.

 Article Méditerranée c Adobe Stock

© Adobe Stock

La quasi-totalité des ONG de sauvetage en Méditerranée ont décidé de stopper leurs activités en réaction à la crise sanitaire, SOS Méditerranée par exemple soulignant l’importance de préserver « la sécurité de l’équipage et des rescapés ». Cette absence d’aide n’a pourtant pas découragé les candidats à l’exil – particulièrement depuis la Libye : selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 500 personnes ont quitté le pays la semaine du 30 mars, profitant des bonnes conditions météorologiques.

 

L’Alan Kurdi, le navire humanitaire de l’organisation Sea-Eye, est le seul bateau présent dans la zone. Parti le 30 mars d’Espagne, il a secouru 150 personnes au cours de deux missions de sauvetage le 6 avril. Il a ensuite cherché un lieu de débarquement, mais s’est heurté aux refus de plusieurs pays qui mettaient en avant les conditions sanitaires trop dangereuses: l’Italie a déclaré ses ports comme étant « non sûrs » dans un décret le 7 avril, emboîtant le pas aux autorités maltaises. De son côté, le ministre de l‘Intérieur allemand a manifesté son soutien aux deux gouvernements et a lancé un appel aux ONG pour qu’elles suspendent leurs activités de secours, estimant que ces mesures exceptionnelles sont nécessaires pour lutter contre l’épidémie. Le ministre italien des Transports a finalement annoncé le 12 avril que les personnes se trouvant à bord de l’Alan Kurdi seraient transférées vers un autre navire, où elles seront contrôlées par les autorités sanitaires puis placées en quarantaine.

 

Du côté des principaux points de départ vers l’Europe, comme en Libye, la situation est également tendue. Après avoir été interceptés en mer, 277 exilés ont été ramenés à Tripoli le 9 avril, mais sans possibilité de débarquer;  les autorités libyennes estimant que les lieux n’étaient pas sûrs à cause des bombardements s’abattant sur la ville. Le lendemain, une partie du groupe a tenté de s’enfuir : si quelques dizaines de personnes ont réussi, environ 200 ont été interpellées et placées en détention. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les combats dans le pays se seraient aggravés depuis la fin du mois de mars et la crise du nouveau coronavirus constituerait une menace importante pour le pays, son système de santé étant particulièrement fragile.

 

Le 9 avril, l’OIM a de nouveau exhorté les États européens à respecter « le droit maritime international et les obligations en matière de droits de l'homme » et à manifester leur « soutien et […] solidarité […] avec les pays d'accueil des migrants […] pour assurer le débarquement rapide et sûr des personnes secourues en mer ».

 

Voir ici notre article publié le 04/03/2020 sur l’impact du COVID-19 sur les politiques migratoires dans l’UE et ici celui sur l’inquiétude des Nations Unies quant au sort des personnes migrantes en Libye publié le 05/02/2020. 

Article publié le 14/04/2020


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