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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 décembre 2020

Paris et Londres ont signé, le 28 novembre, un accord visant à réduire les traversées de la Manche par des personnes migrantes. Cet accord a été conclu en prévision du Brexit dans un contexte de hausse des tentatives pour rejoindre le Royaume-Uni cette année.

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© UK Prime Minister

La Secrétaire d’État à l’Intérieur britannique, Priti Patel, et son homologue français, Gérald Darmanin, ont annoncé le 28 novembre un nouvel accord entre la France et le Royaume-Uni pour « rendre impossibles les traversées de la Manche ». Il s’inscrit dans la continuité des précédents traités bilatéraux conclus entre les deux pays, les accords du Touquet en 2004 et le traité de Sandhurst en 2018, qui avaient pour objectif de renforcer la présence policière française en échange d’une contribution financière britannique.

Parmi les nouvelles mesures annoncées, Priti Patel a indiqué le doublement, dès le 1er décembre, des forces de l’ordre françaises mobilisées sur le littoral, sans en préciser le nombre précis. Les autorités britanniques se sont engagées à investir 31, 4 millions d’euros pour « soutenir les efforts importants de la France contre les traversées irrégulières », notamment par le déploiement de drones et de radars pour surveiller les tentatives de traversées. Par ailleurs, l’accord prévoit des mesures visant à aider les migrants présents sur le littoral français à accéder à un « logement approprié » afin de les soustraire à l’emprise des passeurs.

Ce nouvel accord intervient après des mois de négociations et de vives tensions entre les deux gouvernements, les autorités britanniques accusant la France de ne pas suffisamment s’impliquer pour empêcher les traversées, en nette augmentation depuis le début de l’année. Selon les chiffres de l’agence de presse britannique Press Association, plus de 8 000 personnes seraient arrivées au Royaume-Uni par la Manche depuis le début de l’année, contre 1 835 en 2019. Une récente étude estime par ailleurs qu’au moins 296 personnes seraient mortes depuis 1999 en tentant cette traversée. Dans l’attente d’un accord, les autorités britanniques avaient proposé en octobre des solutions drastiques pour réduire les arrivées, comme l’installation de filets ou encore de pompes génératrices de vagues pour repousser les embarcations de migrants.

La signature du nouvel accord a suscité des critiques d’ONG, notamment d’Amnesty International qui a qualifié d’ « irresponsable » cette approche, mais aussi de spécialistes des migrations comme François Gemenne, pour qui cet accord est « une formidable aubaine pour les passeurs ». Le gouvernement britannique doit présenter l’année prochaine la refonte de son système d’asile suite au Brexit, qui sera « ferme mais juste » selon Priti Patel.

 

Article publié le 03/12/2020

Voir ici notre dernier article publié le 22/10/2020 sur les mesures envisagées par les autorités britanniques pour déjouer les tentatives de traversées de la Manche.