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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 janvier 2021

L’Agence européenne a commencé à déployer un « corps européen permanent » qui atteindra 10 000 garde-frontières et garde-côtes d’ici 2027. En parallèle, l'Office européen de lutte antifraude a ouvert une enquête contre Frontex, régulièrement accusée de refoulements illégaux de migrants.

Frontex c Rock Cohen

© Rock Cohen

L’Agence Frontex, chargée du contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen, prévoit de déployer 700 garde-frontières armés au cours du mois de janvier dans le cadre de la constitution du contingent européen permanent. Jusqu’à présent, les quelques 1 200 à 1 500 agents étaient détachés par les États membres. Parmi l’effectif de 10 000 garde-frontières et garde-côtes, 40 d’entre eux seront censés veiller au respect des droits fondamentaux dans la conduite des opérations de l’agence. Ce renforcement, décidé en mars 2019, illustre la volonté de l’Union européenne de renforcer la surveillance de ses frontières extérieures, dans la lignée des propositions du Pacte sur la migration et l’asile en cours de négociation.

Alors que son rôle est désormais renforcé, Frontex est régulièrement accusée de couvrir, voire de participer à des pratiques de refoulements de migrants aux frontières extérieures de l’Union, en mer Égée, à la frontière bosno-croate ou encore en Hongrie. Il avait fallu une intervention ferme de la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, pour que l’Agence se décide d’ouvrir une enquête interne, le 10 novembre 2020.

Ces révélations ont depuis été suivies par la publication, le 18 décembre 2020, d’un « Livre noir des refoulements » de près de 1 500 pages, recensant les cas de centaines de personnes dont les droits fondamentaux n’ont pas été respectés. Élaboré par des ONG regroupées depuis 2016 autour du projet Border Violence Monitoring Network, il met en exergue la multiplication des cas de refoulements et de violences auxquels aurait directement participé Frontex.

Cette situation a conduit le Parlement européen a convoquer, le 1er décembre 2020, le directeur exécutif de l’Agence, Fabrice Leggeri, pour répondre de ces allégations, certains eurodéputés ayant notamment demandé sa démission. Le 11 janvier, l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) s’est notamment saisi d’une enquête sur les agissements de Frontex. Certains éléments de celle-ci révèlent que Fabrice Leggeri opposerait une résistance au recrutement des 40 agents chargés de veiller au respect des droits fondamentaux, au motif que cela n’est « pas une priorité ».

 

Article publié le 15/01/2021.

Voici ici notre dernier article publié le 27/10/2020 sur les accusations de refoulement à l’encontre de Frontex.