Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 mars 2020

Le 1er mars, le gouvernement hongrois a utilisé la crainte du coronavirus comme justification de la  fermeture de ses « camps de transit » à la frontière, à l’image d’autres pays européens qui ont restreint l’accès à leur territoire en prétextant un risque de développement de l’épidémie.

 

Hongrie c Gémes Sander SzonSzed

© Gémes Sándor/SzomSzed

 

En Italie, pays européen le plus affecté par l’épidémie, plusieurs mesures ont été adoptées par le gouvernement au détriment des personnes migrantes et réfugiées. Dès la fin du mois de février, les navires de sauvetage humanitaire Ocean Viking et Sea Watch 3 ont pu faire descendre en Italie les personnes se trouvant à leur bord, mais ces dernières ont été placées en quarantaine sur le territoire tandis que les équipages sont restés confinés à bord. Le 1er mars, c’est le navire Open Arms qui a été autorisé à débarquer, cependant les personnes rescapées n’ont pas été placées à l’isolement et ont simplement fait l’objet d’un contrôle sanitaire renforcé. Les autorités italiennes ont également pris la décision le 28 février de suspendre les transferts dans le cadre du règlement Dublin depuis et vers leur territoire. Le gouvernement a par ailleurs reporté les vols des bénéficiaires des couloirs humanitaires organisés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés depuis le Niger vers l’Italie. Dans les jours précédents la décision turque d’ouvrir ses frontières vers l’Europe, le gouvernement grec avait, quant à lui, annoncé un renforcement des contingents de garde-côtes et des mesures dissuasives à l’encontre des personnes migrantes dans les îles égéennes, tout en utilisant l’argument du coronavirus pour justifier la nécessité de l’instauration de nouveaux centres fermés.

 

Compte-tenu de l’omniprésence du sujet dans les médias, plusieurs partis conservateurs et d’extrême-droite européens ont utilisé la propagation du virus à des fins « anti-migratoires ». L’exemple le plus marquant est celui de la Hongrie qui a annoncé le 1er mars, au moment où des milliers de personnes se bousculaient aux portes de l’Europe, la fermeture de l’accès aux camps frontaliers de transit – seuls endroits du pays où il est possible de déposer une demande d’asile  – par sa volonté de lutter contre le virus. Une telle décision revient donc à suspendre, comme en Grèce, l’enregistrement des demandes de protection internationale, en violation du droit international et européen. En Italie, Matteo Salvini, l’ancien ministre de l’Intérieur du parti d’extrême-droite la Ligue, a appelé le Premier ministre italien à la démission, l’accusant de favoriser la propagation de l’épidémie en acceptant le débarquement de navires humanitaires dans ses ports. En France, en Allemagne ou encore en Espagne, les dirigeants des partis d’extrême-droite ont également demandé une fermeture des frontières afin de limiter l’expansion du COVID-19.

 

Article publié le 04/03/2020