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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 mars 2020

Le 1er mars marquait l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi permettant aux travailleurs ressortissants d’un pays hors Union européenne et qualifiés dans certains domaines d’obtenir plus facilement un visa pour l’Allemagne.

 

Article Allemagne c Adobe Stock

© Adobe Stock

 

En raison d’une pénurie structurelle de plus d’un million de travailleurs qualifiés ayant des compétences dans l’ingénierie électronique, la métallurgie, la cuisine ou encore l’accompagnement des personnes âgées, l’Allemagne a adopté en décembre 2019 une nouvelle loi sur l’immigration qualifiée, mise en œuvre depuis mars 2020. Ce texte étend la possibilité pour les travailleurs qualifiés, originaires de pays tiers et bénéficiant d’une formation professionnelle (et plus seulement d’une formation universitaire) dans les domaines susmentionnés, d’immigrer légalement vers l’Allemagne. Afin de pouvoir obtenir un visa et un permis de séjour outre-rhin, les personnes devront signer un contrat de travail avec une entreprise allemande et posséder une qualification reconnue officiellement par les autorités du pays. Auparavant, les entreprises devaient nécessairement examiner en premier lieu les candidatures de citoyens allemands ou de ressortissants européens dans le cadre de leurs recrutements pour ces postes dits « qualifiés ».

 

La loi facilite aussi, toujours pour les personnes qualifiées, l’obtention d’un visa de six mois pour l’Allemagne dans le but d’y chercher un travail. Il est également plus aisé pour les personnes désirant réaliser une formation professionnelle dans le pays d’obtenir un titre de séjour. Cependant, les individus rentrant dans ces deux catégories doivent prouver qu’elles possèdent un niveau minimal de maitrise de la langue allemande. De plus, bien que semblant constituer une avancée pour les droits des personnes migrantes en Allemagne, cette nouvelle législation soulève des interrogations quant aux exigences de reconnaissance de diplômes et/ou d’acquisition antérieure d’un niveau d’allemand, pouvant s’avérer très difficiles à remplir. De même, le texte ne règle par le sort des demandeurs d’asile déboutés en emploi sur le territoire allemand, qui ne peuvent pas en bénéficier pour régulariser leur séjour.

 

Quant aux emplois les moins qualifiés, le gouvernement fédéral ne souhaite pour le moment pas mettre en place de politique incitative d’immigration, mettant en avant le nombre de chômeurs dans le pays. Il estime par ailleurs que la « tolérance de travail » introduite dans la loi sur le séjour le 1er janvier 2020 pour les personnes déboutées de leur demande d’asile mais « tolérées » (geduldete Menschen) en Allemagne débouchera sur des recrutements pour des emplois non qualifiés. Vouées à être expulsées mais ne pouvant être renvoyées dans leur pays d’origine, ces personnes peuvent désormais prétendre à un certificat dit de tolérance d’emploi – dont la délivrance est également soumise à plusieurs conditions – qui leur donne la possibilité de s’intégrer davantage et de leur offrir la perspective d’un titre de séjour permanent, selon le discours officiel, mais qui correspond en réalité plutôt à une suspension temporaire de l’expulsion.

 

Article publié le 11/03/2020