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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2020

Bien que le nombre d’arrivées diffère entre les deux territoires – en augmentation sur les îles Canaries mais en baisse à Melilla par rapport à 2019, le manque de places d’hébergement inquiète les associations locales comme les organisations internationales.

Article Melilla Canaries c Noborder Network

© Noborder Network

 

À Grande Canarie, des centaines de personnes n’ont eu d’autres choix que de dormir plusieurs jours dans la rue à même le sol ces dernières semaines du fait du manque de places disponibles dans les structures d’accueil. 3 993 arrivées irrégulières ont été recensées par le gouvernement espagnol entre le 1er décembre et le 31 août 2020 sur les différentes îles des Canaries, soit une augmentation de plus de 570 % par rapport à la même période en 2019. Selon le représentant d’une ONG locale, ces îles situées à moins de 200 kilomètres des côtes marocaines risquent de se transformer en de véritables « prisons à ciel ouvert » puisque le gouvernement espagnol interdit pour le moment aux nouveaux arrivants de se rendre sur le continent. Il aurait néanmoins annoncé l’ouverture de centres d’accueil supplémentaires dans les prochaines semaines.

La situation des 1 400 personnes migrantes – parmi lesquelles 150 enfants – logées dans différentes structures d’hébergement à Melilla est elle aussi très préoccupante. Bien que les arrivées dans ce territoire enclavé du nord du Maroc aient diminué de près de 60 % en 2020 par rapport à 2019, ces centres accueillent un nombre de personnes deux fois supérieur à leur capacité initiale, dans des conditions qualifiées de « très inadéquates » par l’Organisation internationale pour les migrations et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Dans une lettre adressée le 27 août au gouvernement espagnol, Dunja Mijatović, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, s’inquiète particulièrement du sort de 500 personnes placées en isolement depuis plusieurs semaines dans les arènes de la ville, lesquelles n’offrent « qu'un accès limité aux douches et aux toilettes » et où les migrants manquent de « nourriture et de produits d'hygiène ».

Pour autant, le reste de l’Espagne observe une diminution des arrivées irrégulières depuis le début de l’année 2020 (- 26 % par rapport à la même période en 2019), qui s’explique notamment par les efforts déployés par le gouvernement pour renforcer les contrôles aux frontières de ses enclaves marocaines et ainsi décourager l’immigration irrégulière via la Méditerranée. Cette politique a conduit de nombreux migrants à privilégier la route, bien plus dangereuse, de l’Atlantique vers les Îles Canaries. Depuis le début de l’année 2020, 284 personnes ont perdu la vie en tentant cette traversée.

 

Lire ici notre dernier article publié le 12/01/2020 sur l’augmentation des arrivées aux îles Canaries.

Article publié le 09/09/2020