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700 Haïtiens expulsés de République dominicaine

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Saint-Domingue expulse des centaines d'immigrants haïtiens illégaux


Plus de 700 Haïtiens ont été déportés depuis lundi et d'autres le seront au cours des prochains jours, a déclaré Ambiorix Rosario, porte-parole du département de l'Immigration.

 

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Photo, Kena Betancur, Reuters

La République dominicaine a lancé sa première grande rafle contre les immigrants haïtiens illégaux depuis le séisme dévastateur de l'an dernier, ont annoncé des responsables jeudi. Des centaines de personnes ont été arrêtées et déportées au cours des derniers jours.
Haïti et la République dominicaine partagent l'île d'Hispaniola et ont une longue histoire de tension frontalière, mais les relations se sont améliorées dans la foulée du séisme du 12 janvier. Le gouvernement dominicain a offert son aide et le pays sert de plateforme à l'effort international de secours en Haïti. Des défenseurs des droits de la personne affirment toutefois que les Haïtiens sont sujets à une profonde discrimination en République dominicaine.

Le gouvernement dominicain, qui a suspendu les déportations d'Haïtiens après le tremblement de terre, a réactivé ses mesures contre l'immigration illégale cette semaine en arrêtant des personnes à des points de contrôle à travers le pays.

Plus de 700 Haïtiens ont été déportés depuis lundi et d'autres le seront au cours des prochains jours, a déclaré Ambiorix Rosario, porte-parole du département de l'Immigration.


Les responsables dominicains affirment que ces mesures sont nécessaires pour contenir l'immigration illégale depuis le séisme, de même que pour limiter la propagation du choléra, qui a fait plus de 3000 morts en Haïti depuis le début de l'épidémie, en octobre.

Quelque 150 cas d'infection par le choléra ont été rapportés en République dominicaine.

«Nous tentons de renforcer nos contrôles d'immigration pour éviter que des citoyens haïtiens et des personnes d'autres nationalités n'entrent illégalement sur notre territoire», a déclaré Sigfrido Pared Perez, directeur du département de la migration. «Nous n'avons en aucun cas violé les droits de qui que ce soit.»

Des agents de l'immigration et des soldats arrêtent et interrogent les gens qui arrivent en périphérie de la capitale dominicaine dans les autocars et les minibus qui transportent chaque jour des passagers venant d'Haïti en direction de la République dominicaine. Ceux qui ne possèdent pas les documents appropriés sont reconduits à la frontière.

«Si j'étais seule, je serais de retour en Haïti, c'est mon pays, mais j'ai trois enfants et j'ai besoin de travailler», a déclaré une femme non identifiée à la chaîne de télévision dominicaine CDN, avant d'être raccompagnée à la frontière avec sa petite valise en mains.

Les Nations unies estiment qu'avant le séisme, environ 600 000 Haïtiens vivaient illégalement en République dominicaine. Les autorités dominicaines affirment que ce nombre a grimpé à un million au cours de la dernière année, dans un pays qui compte une population totale de près de dix millions d'habitants. Les immigrants haïtiens travaillent souvent dans les plantations de canne à sucre, comme domestiques ou dans d'autres emplois à bas salaire.

Des groupes de défense des droits de la personne ont critiqué les déportations, accusant les autorités d'arrêter de présumés immigrants illégaux sur la base de leur apparence physique.

«Les autorités exercent clairement un profilage racial pour décider qui devrait être arrêté», a dénoncé Francisco Leonardo, du Service jésuite des réfugiés et de la migration.

Les nouvelles mesures contre l'immigration illégale ont aussi eu pour effet d'augmenter de 6 $ à 14 $ la somme d'argent que certains agents dominicains réclament pour passer la frontière, selon Davide Sala, un militant de l'organisation jésuite.

Les passeurs d'immigrants clandestins demandent eux aussi plus d'argent: 135 $ par personne, comparativement à 95 $ auparavant, a-t-il ajouté.

Un douzaine de passeurs de personnes ont été arrêtés cette semaine en même temps que des dizaines de migrants haïtiens, a indiqué Francisco Gil, commandant de l'armée pour le nord du pays.

Cyberpresse, le 06/01/2011