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Grèce et Turquie contre l'immigration illégale

nouvelobs

Unité de vues entre Ankara et Athènes sur l'immigration illégale

ERZURUM, Turquie (Reuters) - Les Premiers ministres grec et turc ont affiché leur unité vendredi face à la question de l'immigration illégale, après l'annonce d'un projet grec de clôture anti-immigrés à la frontière entre les deux pays.

"Nous accordons une grande importance à notre coopération avec la Turquie sur la question de l'immigration illégale", a déclaré le Premier ministre grec, George Papandréou, lors d'une conférence de presse dans la ville turque d'Erzurum.

Les Grecs, qui se plaignent depuis longtemps des efforts selon eux insuffisants d'Ankara pour lutter contre l'immigration illégale, ont annoncé cette semaine leur intention d'ériger une clôture à la frontière avec la Turquie.

Vendredi, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a pour sa part minimisé l'importance de cette clôture qui ne couvrira que 12,5 km des 200 km de frontière.

"Il ne s'agit pas d'une mesure dirigée contre la Turquie ou contre la Grèce", a-t-il dit. "Ce n'est pas correct de voir ça comme un mur. Nous avons pleinement confiance l'un dans l'autre sur cette question."

Erdogan a déclaré avoir changé de point de vue sur ce dossier à l'issue d'une rencontre avec Papandréou qui a évoqué le million d'immigrants illégaux turcs présents en Grèce.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait part vendredi de ses inquiétudes concernant la construction de cette clôture qui pourrait inciter les demandeurs d'asile à prendre des chemins encore plus risqués pour entrer dans l'UE et les voir tomber aux mains de 'passeurs' peu scrupuleux.

CANDIDATURE À L'UNION EUROPÉENNE

Depuis le renforcement des contrôles aux frontières maritimes de l'UE et la signature d'accords de rapatriement par deux de ses membres (Espagne et Italie), l'est de la Grèce constitue le principal point d'entrée pour les clandestins.

En 2010, quelque 128.000 d'entre eux ont choisi la région d'Evros, à la frontière avec la partie européenne de la Turquie, pour pénétrer clandestinement dans l'espace européen, selon Athènes.

Rappelant son souhait de voir Ankara adhérer à l'Union européenne, Papandréou a par ailleurs fait savoir qu'il tenterait de lever les obstacles pesant sur le processus d'intégration, notamment la question de Chypre.

"Nous avons à résoudre ce problème qui retarde l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, ou alors le processus sera gelé", a déclaré Papandréou à des diplomates turcs.

Scindée en deux depuis 1974, l'île comprend au Sud la République de Chypre, membre de l'UE, et au Nord la République turque de Chypre du Nord (RTCN), uniquement reconnue par Ankara. Les négociations en vue de sa réunification, soutenue par Ankara, sont au point mort et minent la candidature turque à l'UE.

Le Nouvel Observateur, le 07/01/2011