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L'aide de l'UE pour les réfugiés en Turquie difficile à suivre, critique un rapport

lorient le jour

Les fonds européens ont permis d'aider les réfugiés en Turquie mais le refus d'Ankara de communiquer la liste des bénéficiaires crée un doute sur la bonne utilisation de cette aide, estime la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mardi.

 

La Cour s'est intéressée à une aide initiale d'1,1 milliard d'euros destinée à près de 4 millions de réfugiés en Turquie, essentiellement des Syriens, au terme d'un accord de 2016 qui avait pour objectif de réduire les arrivées dans l'UE. "Nous pouvons constater que l'argent va aux réfugiés mais nous ne pouvons pas être complètement certains que tout l'argent leur arrive bien. Il y a un doute", a déclaré à la presse à Bruxelles un membre de la Cour, Bettina Jacobsen.

 

La Cour a regretté de n'avoir pas pu suivre les bénéficiaires de l'aide entre leur enregistrement et le paiement effectif, Ankara refusant de donner les noms des bénéficiaires et le type d'aide reçue au nom de la protection des données. Selon la responsable qui travaille depuis plus de trois ans pour la Cour c'est la première fois que l'institution se heurte à un tel refus. Elle a toutefois précisé que les agences de l'ONU et d'autres organismes impliqués dans les projets liés à cette aide avaient pu "atténuer ce risque" en mettant en place des contrôles internes.

 

Dans ses recommandations, la Cour a demandé à la Commission européenne, l'exécutif des 28, de faire pression sur Ankara pour que les données des bénéficiaires soient disponibles pour la prochaine tranche d'aide (trois milliards d'euros sur fin 2018 et 2019). "Dans un contexte difficile, les projets humanitaires ont aidé les réfugiés à subvenir à leur besoins fondamentaux, mais l'utilisation des ressources n'a pas toujours été optimale", écrit la Cour dans son rapport.

 

Elle fait également état de divergences entre la Commission et les autorités turques sur la conduite de projets d'aide concernant l'alimentation en eau et la gestion des eaux usées et des déchets. La plus grande partie de ces réfugiés ont quitté les camps pour vivre en ville.

 

La Cour estime que "l'efficience" de projets humanitaires peut être améliorée, critiquant notamment le fait que lors de l'examen de ces derniers, "la Commission n'a pas vérifié de façon cohérente et exhaustive si les coûts inscrits au budget étaient raisonnables".

 

L'Orient le Jour par l'AFP, le 13 Novembre 2018