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La France aide à réinstaller les sans-papiers afghans

Selon une note du ministère de l'Immigration, 2 millions d'euros ont été dépensés en Afghanistan depuis 2009.
La France a dépensé plus de 2 millions d'euros depuis janvier 2009 pour «aider» les sans-papiers afghans à se réinstaller dans leur pays d'origine, selon une note de travail du ministère de l'Immigration.

Éric Besson recevait cette semaine son homologue afghan, Jamaher Anwari. Et avait réclamé un suivi précis des Afghans renvoyés pour convaincre le ministre que «la politique de la France est équilibrée». Quelque 162 Afghans ont, selon la note, bénéficié d'une aide financière au retour de 2000 euros par adulte seul en 2009 et 223 sur les dix premiers mois de 2010. Au total, 1,170 million d'euros ont été dépensés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour ces retours volontaires.

Le gouvernement français, fortement critiqué par les associations pour renvoyer des migrants dans un pays en guerre, a renforcé son accompagnement sur place. Sur les neuf Afghans reconduits le 15 décembre 2009, à bord d'un avion affrété avec les Britanniques, «deux ont refusé l'aide dès l'arrivée, un a quitté l'Afghanistan à l'issue de sa formation, quatre ont retrouvé un emploi (deux employés de banque, un employé d'une société de BTP, un tailleur)», détaille la note. Enfin, l'un d'eux est toujours en formation, tandis qu'un autre cherche un travail avec l'aide de l'ONG allemande AGEF, chargée de cette réinsertion.

La France finance par ailleurs des projets de réinsertion «générant durablement de l'activité». «Entre le 1er juillet 2009 et le 31 août 2010, 213 projets ont été soutenus pour un montant total de 851 000 euros», précise la note. La moitié sont localisés dans la région de Kaboul. Il s'agit d'épiceries, de l'acquisition d'un taxi, d'élevage de moutons et d'ouverture de divers commerces.

Dossier d'asile 

En moyenne, la France a dépensé 5000 euros par Afghan renvoyé… Elle souhaite que le gouvernement Karzaï facilite désormais le retour des clandestins. À ce jour, les autorités locales refusent de délivrer un laissez-passer, sauf en cas de retour volontaire.

Le ministère de l'Immigration estime que sa politique a permis d'alléger la pression dans le Calaisis, où beaucoup de migrants erraient en attendant de gagner l'Angleterre. Et reconnaît, assez cyniquement, avoir, par sa fermeté, «réorienté les routes clandestines vers d'autres pays d'Europe». Notamment la Belgique, l'Allemagne et la Scandinavie.

Dans l'Hexagone, les migrants afghans demandent plus souvent l'asile. Mais cette voie de légalisation reste étroite. Avec 715 demandes en 2009, sur 20 000 en Europe, sans compter les 3 millions de réfugiés qui se trouvent au Pakistan, en Iran : «Le problème n'est pas réglé», assure le directeur général de France Terre d'asile. Pierre Henry s'étonne «que le gouvernement puisse connaître le destin des renvoyés alors qu'aucun organisme français ne les suit sur place». Et rappelle que «beaucoup d'Afghans restent dans la clandestinité en France», craignant d'être reconduits en Grèce, leur point d'entrée dans l'Union européenne, s'ils présentent un dossier d'asile. Les accords de Dublin le prévoient. Or les Grecs ne concèdent l'asile que dans 1 % des cas

Le Figaro, le 12/11/2010