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La Grèce et le règlement Dublin II

 

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La Grèce a dû faire face durant l'année en cours à un flux migratoire de 128.000 clandestins environ, ce nombre atteignant 512.000 personnes sur les 4 dernières années, a déclaré lundi le ministre de la Protection du Citoyen, Christos Papoutsis, confirmant que Athènes maintient sa demande de révision du règlement communautaire, dit Dublin II, sur les demandes d'asile

Se référant au problème de l'immigration clandestine aux frontières grecques, M. Papoutsis a catégoriquement réitéré que la Grèce mettra en place des moyens de dissuasion contre ces flux, à savoir notamment l'installation d'un grillage le long de ses frontières terrestres.

"Sur les 11 premiers mois de 2010, 50.000 clandestins ont pénétré sur le territoire grec uniquement en provenance de Turquie, dont 43.500 par la frontière gréco-turque en Evros. Ceci est la dure réalité, et nous nous devons d'y faire face", a ajouté M. Papoutsis.

Répondant implicitement à des critiques de journaux turcs et autres officiels en Grèce et à l'étranger suite à ses récentes déclarations à l'ANA-MPA la veille du Nouvel An, le ministre a souligné qu'il est hypocrite "lorsque certains qui dénonçaient à ce jour la Grèce d'être incapable de garder ses frontières conformément à la Convention de Schengen, s'érigent aujourd'hui en détracteurs, tout simplement parce qu'elle (la Grèce) veut faire ce qui est évident, renforcer la garde de ses frontières".

Etaient visés par les propos du ministre certaines autorités locales proches de la frontière ainsi que le représentant en Grèce du Haut commissariat de l'ONU aux Réfugiés, qui avaient jugé inefficace le plan du gouvernement de construire un grillage haut de 2,50 m sur 12,5 km de long dans la région de Nea Vyssa à Orestiada devant barrer l'entrée en Grèce des immigrés clandestins. 200 à 250 immigrés par jour franchissent la frontière illégalement.

Le problème ne sera pas réglé de cette façon, ont déclaré de concert le maire de Soufli, commune frontalière, et le président des employés de police de l'Evros, MM. Poulilios et Hadzianagnostou, pour la simple raison que les passeurs trouveront d'autres endroits de la frontière qui s'étend sur au moins 150 km.

Par ailleurs, la directrice du service Information du bureau en Grèce du Haut commissariat de l'ONU aux Réfugiés, Kaiti Kechayoglou, a commenté cette initiative du ministère de la Protection du Citoyen en rappelant notamment que "chaque Etat a le droit de contrôler ses frontières, mais le fait de construire un mur ne règle que très rarement de façon radicale les problèmes".

M. Papoutsis a répliqué que "certains voudraient peut-être que la Grèce devienne un centre de long séjour et d'examen des demandes d'asile des immigrés qui viennent du monde entier et tentent d'arriver dans les autres pays de l'UE".

"Mais la société grecque ne peut endurer ce poids. C'est pourquoi nous prenons des mesures et nous persistons à vouloir la révision du règlement Dublin II, qui place la Grèce devant des responsabilités insoutenables", a conclu le ministre.

Conformément au règlement de Dublin, dans le but d'éviter les demandes multiples d'asile, les États membres sont tenus de déterminer l’État membre responsable de l’examen d’une demande d’asile présentée sur leur territoire. Notamment, si le demandeur a franchi irrégulièrement les frontières d’un État membre, ce dernier est responsable de l’examen de la demande d’asile et ce jusqu'à douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière.

Info-Grèce, le 04/01/2011