fbpx
Main menu

La Grèce ferme sa porte aux migrants

liberation

Ses capacités d'accueil saturées dans un contexte de crise, le pays, point d'entrée en Europe pour nombre de migrants, engage un plan d'expulsions des illégaux et serre la vis sur l'asile.

La Grèce va procéder à des vérifications concernant les immigrants présents sur son territoire pour déterminer qui a droit à l'asile et expulser les illégaux, a indiqué la vice-ministre du Travail Anna Delara samedi.

"Les gens qui remplissent les conditions pour rentrer chez eux rentreront chez eux et quel que soit le cas, s'il y a une infraction, ils recevront leurs billets de retour et partiront", a-t-elle déclaré à Flash Radio.

La Grèce connaît une recrudescence du nombre d'arrivées d'immigrants et de demandeurs d'asile, qui met ses capacités d'accueil au bord de l'explosion, dans un contexte de crise économique et sociale.

L'administration traitant les demandes d'asile est engorgée, et environ 47.000 demandeurs d'asile sont toujours en attente d'une décision, parfois depuis des années.

La plupart des demandeurs d'asile débarquant en Grèce arrivent d'Afghanistan, d'Irak et de Somalie, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU (HCR).

"Il y a des gens dont le permis de séjour a expiré, avec des enfants qui sont ici depuis sept ans. Nous ne pouvons pas en faire des réfugiés une seconde fois", a déclaré Mme Dalara.

D'un autre côté, "des milliers (d'entre eux) mentent" sur leur nationalité pour obtenir l'asile, a déclaré vendredi le ministre de la Protection des citoyens Christos Papoutsis lors d'une session parlementaire qui a approuvé une révision du service traitant les demandes d'asile.

«Ces malheureux doivent être répartis»

Le gouvernement envisage de restaurer d'anciennes bases militaires pour créer des centres de rétention temporaires pour migrants.

Athènes souhaite que l'Europe partage une part du fardeau: "Nous sommes le seul point d'entrée", a indiqué Mme Dalara. "Ces malheureux doivent être répartis".

La réglementation européenne en matière d'immigration, connue sous le nom de Dublin II, restreint les possibilités de demande d'asile dans le seul premier pays d'arrivée.

Depuis des années, les organisations de droits de l'homme critiquent le traitement inapproprié réservé aux populations fuyant des conflits en Afrique, au Proche-Orient et dans le sous-continent indien.

Les candidats à l'immigration et demandeurs d'asile s'entassent dans des centres de détention ou des cellules de police surpeuplés et en mauvais état.

La plupart sont libérés avec un ordre de quitter le territoire. Certains tentent alors de passer illégalement dans d'autres pays mais une majorité finit à la rue, sans ressource et proie facile pour les groupes criminels.

Libération, le 08/01/2011