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L'armée remplacée par la police à Tunis

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L'armée s'est retirée, jeudi 13 janvier, de Tunis, où des unités spéciales de la police ont pris place dans le centre. Des blindés et des unités d'intervention de la police ont remplacé ceux de l'armée sur l'avenue centrale Habib-Bourguiba et sur la place Barcelone, près d'un grand terminus des trains de la banlieue sud et du tramway. Seuls deux véhicules de l'armée avec des soldats en armes étaient encore postés sur la place Ibn-Khaldoun, face à l'ambassade de France.

De violents affrontemements ont opposé les forces de sécurité à des jeunes dans la banlieue de la capitale dans la nuit de mercredi à jeudi, malgré le couvre-feu imposé dans la capitale tunisienne et ses environs. Selon la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), la Tunisienne Souhayr Belhassen, huit personnes ont été tuées dans la capitale au cours des affrontements de la nuit. Cinquante auraient été blessées.

Le bilan de la FIDH s'établit désormais à 66 morts depuis le début des troubles, mi-décembre. L'organisation affirme détenir une liste nominative de ces 66 personnes tuées.

Parmi les victimes, un universitaire franco-tunisien de 38 ans, professeur à l'université de Compiègne, tué par balles, mercredi, dans la ville de Douz. Jeudi, le ministère des affaires étrangères suisse a de son côté confirmé la mort d'une de ses ressortissantes : selon la Radio suisse romande, il s'agit d'une infirmière d'origine tunisienne de 65 ans, atteinte par une balle alors qu'elle se trouvait sur un balcon dans la ville de Dar Chaabane.

A Tunis, les affrontements de la nuit se sont produits dans les cités d'Ettadhamen et Intilaka, où vivent quelque 30 000 habitants, à environ 15 km du centre de la capitale. "Toute la nuit, on a entendu des tirs, des cris et des bruits de casse", a déclaré à l'AFP une infirmière. Elle a expliqué que "les incidents ont démarré hier après-midi pendant un rassemblement qui a ensuité dégénéré en affrontements violents entre forces de sécurité et des jeunes".

Des colonnes de fumée s'échappaient encore jeudi matin de deux bâtiments, et les pompiers étaient à l'œuvre pour éteindre l'incendie. Plusieurs bâtiments municipaux ont été partiellement endommagés, et deux voitures ont été incendiées devant les locaux de la sous-préfécture. Des commerces et une pharmacie de nuit ont également été endommagées et les rues étaient jonchées de débris, a constaté l'AFP.

Les autorités tunisiennes ont imposé un couvre-feu nocturne pour une durée illimitée, la première mesure de ce genre depuis l'arrivée au pouvoir du président Zine El-Abidine Ben Ali en 1987

Le Monde, le 13/01/2011