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Sarcelles : la prévention du VIH, un défi à relever auprès des demandeurs d’asile

le parisien

Pour la première fois, ce lundi, un stand d’information et de prévention du VIH animé par la fondation Léonie Chaptal s’est installé directement au sein du centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) de Sarcelles.

 

« Vous connaissez les préservatifs ? Vous en utilisez ? Servez-vous, ils sont gratuits. » Ce lundi, jour de distribution du courrier et des cours de français au centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) de Sarcelles, les va-et-vient sont nombreux. Une affluence dont entend bien profiter la fondation Léonie Chaptal, spécialisée notamment dans l’accès aux soins des personnes fragilisées.

Installée dans la commune depuis les années 1990, celle-ci organise pour la première fois un stand d’information et de prévention sur le VIH et les infections sexuellement transmissibles à destination de tous les demandeurs d’asile hébergés sur le site. Au total, 90 personnes d’une quinzaine de nationalités différentes, dont une majorité de femmes, sont ainsi accueillies dans cette structure gérée par l’association France terre d’asile.

 

Réduire le nombre de transmissions du VIH

Sur la petite table installée pour l’occasion, de nombreux prospectus en français et en anglais sur la contraception, le dépistage, les adresses à connaître, les traitements ou encore un petit film d’animation expliquant la différence entre le VIH et le sida ».

« Nous organisons déjà ici depuis quelques mois des ateliers en petit groupe. Là, l’idée est vraiment de toucher et de transmettre l’information au plus grand nombre. L’important est de prévenir mais aussi d’inciter au dépistage car toutes les infections sexuellement transmissibles sont en augmentation en France. On a toujours 6000 contaminations VIH par an et ça ne diminue pas », souligne Fabienne Langlois, infirmière et responsable « promotion de la santé » de la Fondation.


Des personnes mal informées

« Cette action était une demande de notre part car cela vient vraiment compléter le travail que l’on fait déjà ici mais nous ne sommes nous des professionnels de santé, explique la directrice Victoire Larzillière. Notre public est très divers. Ce sont toutes des personnes primo arrivants sur le territoire mais leur niveau d’information sur ces sujets est très différent. Selon le pays d’où ils viennent, la contraception n’est pas forcément très connue. Certains découvrent leur séropositivité à leur arrivée lors du bilan de santé qui leur ait proposé. »

Et l’information semble effectivement passer. Si le stand installé au sein de la salle d’attente ne prête pas à toutes les confidences, des échanges sur différents sujets ont bien lieu. « J’utilise des préservatifs avec mon mari mais apparemment, je ne les supporte pas très bien. Que puis-je faire ? », demande une jeune maman avant de découvrir grâce à une plaquette, des méthodes de contraception qu’elle ignorait.

Et l’information passe parfois par la pratique. « J’ai fait une démonstration de préservatif féminin à une dame qui ne connaissait pas. Pourtant c’est important, il peut lui permettre d’être actrice de sa contraception », rappelle Clothilde, infirmière à la fondation.


PLUS DE 2 600 INFECTIONS CHAQUE ANNEE EN ILE-DE-FRANCE

« En 2016, 2 650 nouvelles infections ont été déclarées en Ile-de-France, un nombre qui tend à stagner depuis plusieurs années », regrette l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, qui mobilise chaque année 43 M€ pour financer la lutte contre le VIH dans les départements franciliens. Priorité est donnée particulièrement au dépistage précoce.

Parmi les axes d’actions développés, celle-ci a notamment commencé cette année un appel à initiatives pour des actions de prévention en faveur de la santé sexuelle. 34 projets ont été déposés, et 24 retenus parmi lesquels celui de la Fondation Léonie Chaptal, à Sarcelles. Au total, 400 000 € ont été débloqués pour l’ensemble de ces initiatives, qui interviennent dans le cadre du projet régional de santé et de la Stratégie nationale de santé sexuelle.

 

Le Parisien par Anne Collin, le 10 décembre 2018