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Troubles et exils en Côte-d'Ivoire

Des milliers d’Ivoiriens se réfugient au Liberia et en Guinée

Près de 4 000 Ivoiriens ont fui le pays pour rejoindre la Guinée et le Liberia. La plupart d’entre eux seraient des sympathisants pro-Gbagbo, persécutés par les partisans d’Alassane Ouattara.

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Depuis environ deux semaines, quelque 4 000 habitants de l'ouest ivoirien ont fui leur pays pour rejoindre essentiellement le Liberia et la Guinée, selon le dernier bilan du Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Les exilés originaires de villages situés le long de la frontière dans l'ouest du pays – en majorité des femmes avec des enfants – se disent surtout menacés depuis le second tour de la présidentielle qui a provoqué une crise politique entre les deux candidats, Alassane Ouattara et Laurent Gagbo, revendiquant la victoire.

Aujourd’hui à Bossou, en Guinée, à une dizaine de kilomètres de la frontière, un réfugié explique les raisons de son exil forcé. Lui et les autres villageois sont accusés d’avoir voté Gbagbo. "Nous avons été menacés par les rebelles (partisans d’Alassane Ouattara, ndlr)", déclare-t-il au micro de FRANCE 24, "ils sont venus chez nous, ils ont commencé à aguicher les gens... c'est pour ça qu'on a fui".

Selon le dernier point presse du HCR, le 14 décembre, les personnes qui arrivent en Guinée ont marché – pieds nus pour certaines – durant deux jours dans la région du Mont Nimba. D'autres sont accompagnées d'enfants et ont indiqué avoir dormi en plein air au cours de leur trajet. Les forces de l’ONU leur ont fourni des repas chauds et d'autres articles d'assistance car tous ont fui sans aucune possession.

"Les réfugiés arrivent à un rythme de 150 par jour"

Aujourd’hui, l’ONU s’inquiète de l’évolution de la situation. "Les réfugiés arrivent à un rythme de 150 personnes par jour", a souligné mardi Adrian Edwards, le porte-parole de l’organisation de l’ONU, lors d'une conférence de presse à Genève, "la situation devrait rapidement empirer".

Du côté ivoirien de la frontière, les soldats des Forces nouvelles – fidèles à Alassane Ouattara – font la sourde oreille. "Quand on nous dit qu'il y a des Ivoiriens qui rentrent sur le territoire guinéen, ça nous étonne… Parce qu'on ne les voit pas !", explique un des soldats avant de poursuivre : "en Côte d’Ivoire, tout se passe bien, tout se passe dans l’harmonie"…

Le HCR n’a observé à ce jour aucun mouvement de réfugiés dans les trois autres pays voisins de la Côte d'Ivoire : le Mali, le Burkina-Faso et le Ghana.
Avant la crise actuelle, le Haut commissariat aux réfugiés assistait quelque 13 000 Ivoiriens qui avaient fui vers plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, suite à la guerre civile survenue en 2002.

France 24, le 17/12/2010