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En Erythrée, la torture généralisée

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La torture est « généralisée » en Erythrée, dénoncent des experts de l'ONU

 

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Dans une rue d'Asmara, la capitale de l'Erythrée, le 11 mai 2008.

 

De graves et multiples «violations» des droits de l'homme. Le bilan tiré, lundi 16 mars, par la commission d'enquête de l'Organisation des Nations unies (ONU) sur la situation en Erythrée est sans appel :

    «[C']est un pays où la détention est un fait ordinaire de la vie qui est expérimenté par un nombre démesuré de personnes, d'hommes et de femmes, de personnes âgées et de jeunes, y compris des enfants.»

Les experts des Nations unies ont présenté leurs premières conclusions devant le Conseil des droits de l'homme, quatre mois après le début de leurs travaux, fondés sur les témoignages oraux ou écrits recueillis auprès de plus de 500 individus. Les autorités de ce petit pays de la Corne de l'Afrique, l'un des plus fermés au monde, s'étaient opposées à la création de la commission en juin 2014 et n'ont pas autorisé les enquêteurs de l'ONU à se rendre sur place.


« Ni guerre ni paix »

En septembre, Asmara a ratifié la convention des Nations unies contre la torture. Mais son usage reste « généralisé » dans le pays, lors du service militaire et dans les centres de détention. Ces derniers ne sont pas tous officiels, certains sont souterrains, d'autres sont installés dans des conteneurs, et d'autres encore ne sont que des espaces à l'air libre entourés de clôtures.

L'Erythrée est dirigée d'une main de fer par le président Issayas Afeworki depuis son indépendance de fait, en 1991, après trente ans de guerre contre l'Ethiopie.

Dans leurs conclusions, les enquêteurs de l'ONU ont dénoncé l'absence de justice à l'encontre de ceux qui violent les droits de l'homme et l'état de «ni guerre ni paix» avec Addis-Abeba. Ce «prétexte» a permis au chef de l'Etat de militariser la société, avec un service militaire obligatoire pouvant être prolongé indéfiniment.

«La majorité des Erythréens vivent sans espoir pour leur avenir», alors que la répression brutale a provoqué un exil massif de la population, a déploré la commission d'enquête de l'ONU. Autant d'accusations rejetées par Tesfamicael Gerahtu, l'ambassadeur érythréen au Conseil.

 

Pour aller plus loin: Voyage en barbarie, sur la piste des réfugiés du Sinaï

 

Le Monde, avec l'AFP, le 16 mars 2015

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