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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juillet 2019

Après que les navires humanitaires Sea-Watch 3 et Alex ont « forcé » l’entrée dans le port de Lampedusa et violé l’interdiction d’entrée dans les eaux territoriales italiennes établie par le gouvernement, celui-ci a pris de nouvelles mesures pour « réguler les flux migratoires ».  

 Capture Italie© HCR/F.Noy  

 

Le Comité national « Ordre et Sécurité », réuni le 8 juillet et présidé par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, a adopté de nouvelles dispositions qui visent à durcir encore davantage la politique migratoire du pays : augmentation des contrôles pour réduire les départs depuis la Libye et la Tunisie (via l’usage de radars et de divers moyens aériens et maritimes), mobilisation de bateaux de la Marine et des douanes pour « défendre les ports italiens », coopération accrue avec la Tunisie pour augmenter les rapatriements et envoi de 10 moto-vedettes aux gardes-côtes libyens dans l’été. Le ministre souhaite également amender le décret « sécurité bis », mis en œuvre depuis juin, pour rendre plus efficace la lutte contre le trafic d’êtres humains et pour augmenter les peines qu’encourent les passeurs. La réunion a aussi été l’occasion pour le ministre de se « féliciter » de la réduction des débarquements en Italie, qui sont, selon lui, « passés de près de 17 000 en 2018 à 3 000 cette année ».

La tenue de ce Comité, tout comme celle d’une réunion sur l’immigration convoquée le lendemain par le président du Conseil en présence de Matteo Salvini et de la ministre de la Défense Elisabetta Trenta, fait suite à plusieurs jours de polémique. Salvini lui en avait en effet reproché de ne pas avoir mobilisé la Marine et les moto-vedettes des douanes pour bloquer physiquement les débarquements de bateaux humanitaires. En réponse, la ministre a rappelé que la Marine relève de la compétence de son ministère et que Salvini n’avait jamais explicitement sollicité son intervention. Elle a cependant donné son feu vert pour la mise en place des mesures prises par le Comité.

L’objectif du gouvernement italien est simple : bloquer tous les bateaux avant qu’ils ne rentrent dans les eaux internationales, et à fortiori dans les eaux nationales italiennes. L’usage de moyens militaires pour éviter à tout prix les débarquements illustre le virage à 360 degrés pris par l’Italie : en 2014, ces mêmes forces étaient mobilisées pour des missions de sauvetage dans le cadre de l’opération Mare Nostrum.