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Les besoins en réinstallation s’élèvent à 1,19 million de réfugiés pour 2017

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GENÈVE, 13 juin (HCR) - Avec une multitude de conflits et de crises générant des déplacements de populations sans précédent à travers le monde, la réinstallation s'avère essentielle dans les efforts du HCR pour trouver des solutions et plaider pour un partage équitable des responsabilités dans l'aide aux réfugiés, peut-on lire dans un rapport publié aujourd'hui par le HCR.

 hcr articleDes enfants réfugiés syriens regardent par la fenêtre de leur nouvelle maison dans la petite ville de Gänserndorf, Autriche. Photo d’archive 2015.   © HCR / Mark Henley

 

Le rapport sur la Projection des besoins pour la réinstallation en 2017 a été publié lors d'une conférence annuelle débutant à Genève ce lundi (13 juin). Selon ce rapport, les dossiers de candidature de plus d'un million de réfugiés ont été soumis par le HCR à plus de 30 pays de réinstallation cette dernière décennie et le nombre de personnes ayant besoin de réinstallation dépasse de loin les possibilités de placement dans des pays tiers.

Malgré l'augmentation des quotas de réinstallation dans certains pays, l'expansion de la capacité mondiale de réinstallation et l'augmentation des demandes, le nombre prévu de personnes ayant besoin d'une réinstallation en 2017 dépassera 1,19 million.

En réponse, le HCR prévoit de soumettre les dossiers de candidature de 170 000 réfugiés pour la réinstallation l'année prochaine, sur la base des contingents globaux annoncés par les Etats de réinstallation. Pour mémoire, l'objectif actuel est de 143 000 en 2016 et il était de plus de 100 000 respectivement en 2015 et 2014. Malgré l'augmentation des quotas annoncés par les Etats de réinstallation et des candidatures déposées, la pénurie de places de réinstallation demeure aigue au regard des besoins.

Cette prévision de 1,19 million est en hausse de 72 pour cent par rapport à la projection des besoins de 691 000 en 2014, avant le début de la réinstallation à grande échelle des réfugiés syriens. En 2017, les réfugiés syriens devraient représenter 40 pour cent des besoins, suivis par le Soudan (11 pour cent), l'Afghanistan (10 pour cent) et la République démocratique du Congo (9 pour cent).

Le rapport sur la Projection des besoins pour la réinstallation en 2017 souligne également que 2015 a été une année record pour les soumissions de candidatures à une réinstallation avec 134 044 dossiers déposés, soit une hausse de 29 pour cent par rapport à 103 890 candidatures enregistrées en 2014.

« Nous assistons de nouveaux besoins en termes de réinstallation. Une réinstallation accrue pourrait être un moyen efficace de partager la responsabilité en termes de protection des réfugiés », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi. « Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour suivre le rythme, du fait du nombre croissant de personnes très vulnérables.

« Aujourd'hui, la réinstallation est une solution plus importante que jamais et nous devons saisir cette occasion d'augmenter le nombre de réfugiés qui en bénéficient, ainsi que d'autres voies légales pour l'admission », a-t-il ajouté. Le HCR estime que plus d'un million de personnes ont besoin d'une réinstallation car elles ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine ni s'intégrer dans les pays hôtes, et ce pour plusieurs raisons.

La crise syrienne a marqué un changement majeur qui continue à avoir un impact. En 2014, les réfugiés syriens étaient le groupe le plus important en termes de besoins en réinstallation. En 2015, deux sur cinq soumissions de dossiers en moyenne concernaient des réfugiés syriens par rapport à un sur cinq en 2014. Les autres principaux pays d'origine en 2015 étaient la République démocratique du Congo (20 527), l'Iraq (11 161), la Somalie (10 193) et le Myanmar (9738). Ces quatre pays et la Syrie, avec 53 305 dossiers de candidature, composaient près de 80 pour cent des demandes cette année.

La réinstallation demeure une mesure efficace pour les personnes vulnérables comme, par exemple, les survivants de violence ou de torture qui, l'an dernier, représentaient 24 pour cent des demandes – ayant quadruplé depuis 2005 – ainsi que les femmes et les jeunes filles risquant les abus (environ 12 pour cent).

En 2015, les Etats-Unis ont accepté 82 491 demandes de réinstallation soumises par le HCR (soit 62 pour cent de toutes les demandes), suivis par le Canada (22 886), l'Australie (9321), la Norvège (3806) et le Royaume-Uni (3622).

En Afrique, le nombre de demandes est passé de 35 079 en 2014 à 38 870. En 2015, quelque 21 620 soumissions au total provenaient de plusieurs pays de la région Asie-Pacifique, soit environ 16 pour cent des candidatures au niveau mondial. Ce taux est en baisse par rapport aux années précédentes, notamment en raison de la mise en œuvre d'autres solutions durables dans la région.

En Amérique du Sud, seulement 1390 dossiers de candidature ont été soumis en 2015 - soit une baisse de 1800 par rapport à 2014 - qui reflète les efforts de l'Équateur sur l'insertion des réfugiés colombiens.

Au total, quelque 53 331 dossiers de candidature provenaient des opérations du HCR dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, soit une hausse de 130 pour cent depuis 2014 et environ 40 pour cent du total au niveau mondial. Les bureaux du HCR en Europe ont enregistré le plus grand nombre de demandes depuis le début de cette décennie avec 18 833 dossiers, principalement depuis la Turquie.

Pour faire face à la croissance des besoins, le HCR se concentre également sur la façon dont d'autres voies légales - comme les visas pour motif humanitaire, le regroupement familial et les bourses d'étude - pourraient aider à combler les lacunes en termes de besoins. Lors d'une conférence de haut niveau à Genève en mars dernier, le HCR a appelé les pays à travers le monde à admettre des réfugiés via la réinstallation et d'autres solutions durables pour 10 pour cent des réfugiés syriens, soit 480 000 personnes.

Le rapport sur la Projection des besoins pour la réinstallation en 2017 a été publié le premier jour des consultations tripartites annuelles pour la réinstallation, rassemblant des représentants du HCR, des ONG et des pays de réinstallation. Co-présidé en partenariat avec le HCR par le gouvernement néerlandais et le Conseil néerlandais pour les réfugiés, c'est la conférence multilatérale la plus importante pour faire avancer l'ordre du jour en termes de réinstallation au bénéfice des réfugiés et des communautés d'accueil.

Vous pouvez lire le rapport (en anglais) ici.

Le 13/06/2016, par Léo Dobbs, Le HCR

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