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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juin 2019

Samedi 15 juin est entré en vigueur un nouveau « décret-loi » proposé par Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur qui renforce les pouvoirs du ministère de l'Intérieur en matière d'immigration et vise à mettre fin aux missions de sauvetage des ONG en Méditerranée centrale.

 

Article Italie décret loi Sophie Robichon Ville de Paris© Sophie Robichon / Ville de Paris
Fresque de l’artiste Saype

 

Les bateaux de sauvetages des ONG qui amènent des migrants secourus en Méditerranée dans des ports italiens sans autorisation encourent désormais des amendes pouvant aller jusqu’à 50 000 €. Un refus de débarquer les personnes secourues en Libye serait ainsi passible d’amende. Les amendes seraient à la charge « du capitaine, de l’exploitant et du propriétaire du navire de sauvetage ». Les sauveteurs qui accostent à plusieurs reprises sans autorisation risquent la mise en fourrière permanente de leur bateau. Le décret-loi autorise également la police à enquêter sous couverture sur d'éventuelles opérations de traite de migrants, ce qui facilite notamment l'espionnage électronique des passeurs présumés. 

Mercredi 12 juin, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, avait demandé au gouvernement italien de « reconsidérer » le décret-loi compte tenu notamment de la situation sécuritaire dégradée en Libye, des violations des droits de l’homme et de la pratique routinière de la détention des personnes secourues en mer. Pour Claudia Lodesani, présidente de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) en Italie, « Le nouveau décret menace les principes juridiques et le devoir de sauver des vies ». Pour rappel, un décret-loi visant à durcir davantage la politique migratoire mise en œuvre par le gouvernement italien avait déjà été adopté en novembre dernier. 

L’adoption de ce décret-loi intervient dans un contexte où le gouvernement italien rappelle régulièrement que les ports sont fermés aux navires de sauvetage des ONG. En réponse au Sea Watch 3 qui a porté secours mercredi 12 juin à plus de 50 migrants, Salvini a déclaré que le débarquement devait avoir lieu dans le port de Tripoli, avant de finalement autoriser une dizaine de migrants à quitter le navire.  

Alors qu’au moins 1 150 migrants seraient morts depuis un an en tentant de rejoindre l’Italie depuis la Libye selon Médecins Sans Frontières et SOS Méditerranée, depuis plusieurs jours, les traversées et les sauvetages s’intensifient en Méditerranée. Lundi 10 juin, les forces armées maltaises ont porté secours à 97 migrants en mer ; mardi 11, sept personnes se sont noyées alors qu'elles tentaient de rejoindre l'île grecque de Lesbos depuis la Turquie ; mercredi  12, 48 migrants ont été secourus par les gardes-côtes espagnols et les 75 personnes secourues par un remorqueur égyptien il y a deux semaines sont toujours bloquées au large de Zarzis sur la côte tunisienne.