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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 novembre 2019

Le 20 novembre, la Grèce a annoncé son intention de remplacer ses trois principaux camps de migrants, qui accueillent actuellement plus de 27 000 personnes, par des « structures de pré-départ » fermées. Les ONG dénoncent une forme de détention.


Article Grèce UNHCRMarkel Redondo
© UNHCR/Markel Redondo


Alors que 40 000 personnes sont arrivées en Grèce entre juillet et octobre 2019, le coordinateur spécial du gouvernement pour les migrations Alkiviadis Stefanis espère que cette mesure permettra de « décongestionner » les îles égéennes de Lesbos, Chios et Samos, près de la Turquie, dont les camps accueillent aujourd’hui plus de cinq fois leur capacité, tout en décourageant les personnes à traverser la Méditerranée. Celles-ci seront désormais placées dès leur arrivée dans trois nouvelles structures fermées de plus grande taille - 5 000 places chacune, d’où elles ne pourront sortir qu’après leur identification, l’instruction de leur demande d’asile et leur relocalisation en Grèce continentale ou leur renvoi vers la Turquie.

Cette annonce fait suite aux nombreuses inquiétudes face à la dégradation des conditions de vie dans ces camps surpeuplés. Trois enfants y sont décédés depuis le mois de septembre, dont un nourrisson de 9 mois le 10 novembre par manque de soin. En visite dans les camps de Lesbos et Samos le 31 octobre, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic s’était à ce titre dit « choquée des conditions d’hygiène horribles, […] [c’est une] image choquante pour l’Europe du XXIe siècle », et avait appelé la Grèce à prendre des « mesures urgentes ».

Des ONG se sont néanmoins insurgées face aux nouvelles structures qui remplaceront, à une date encore indéterminée, les actuels camps et qui s’apparentent, selon elles, à des « centres de détention ». Le porte-parole de Médecins sans frontière dans le pays a ainsi déclaré que « la conversion de camps en prisons » ne constituait pas une solution efficace, tandis que le directeur d’Amnesty International en Grèce y voit une « violation [claire] des normes internationales ».

Article publié le 21/11/2019