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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 septembre 2020

Environ 9 200 des 12 700 demandeurs d’asile devenus sans abri après l’incendie qui a détruit le camp insalubre de Moria ont été transférés à Kara Tepe, une structure ouverte dans l’urgence sur la même île de Lesbos.

Article Kara Tepe Grèce c UNHCR Nikos Koukoulas

Le HCR et les autorités grecques construisent des abris pour les demandeurs d’asile après l’incendie de Moria

© UNHCR/Nikos Koukoulas

 

Le 13 septembre, le ministre grec de l’Immigration et de l’asile avait affirmé qu’un nouveau camp serait prêt « dans cinq jours » pour héberger provisoirement toutes les personnes à la rue. Cette annonce avait suscité, d’une part, l’opposition des demandeurs d’asile, qui demandent leur transfert hors de Lesbos, voire hors de Grèce, et, d’autre part, de certains habitants excédés par la présence d’immenses camps surpeuplés sur leur île. En réaction, le gouvernement grec avait indiqué vouloir interdire l’enregistrement et l’examen des demandes de protection des migrants qui refuseraient de rejoindre le nouveau camp, doté de 8 000 places et situé à côté de Mytilène, la capitale de l’île.

La première et plus importante opération de transfert a été réalisée par la police grecque le 17 septembre, quand 1 150 personnes ont gagné la structure d’accueil provisoire. Le 21 septembre, alors que 243 cas de coronavirus avaient déjà été recensés dans le camp, Michalis Chrysochoidis, le ministre grec de la Protection Civile, a annoncé un renforcement de la présence policière pour assurer le respect de l’isolement des personnes malades et prévenir tout départ de feu à Kara Tepe, dont de nombreux migrants craignent qu’il devienne « un nouveau Moria ».

De son côté, le HCR a rappelé que ce nouveau camp ne pouvait être considéré comme une solution de long terme. L’agence plaide pour l’accélération des transferts des demandeurs d’asile de Lesbos vers la Grèce continentale, et des relocalisations vers d’autres États membres. Le 15 septembre, le gouvernement allemand a par exemple annoncé son intention d’accueillir environ 1 500 réfugiés présents en Grèce, en plus de 150 mineurs étrangers isolés présents à Lesbos. Michalis Chrysochoidis a estimé que l’évacuation de la première moitié des migrants de l’île pourrait avoir lieu « d’ici Noël » et la seconde « d’ici Pâques ».

Dans le même temps, 13 personnes ont été arrêtées à Samos, une autre île grecque de la mer Égée, après qu’un feu a menacé un camp dans lequel vivent 6 000 personnes, pour une capacité initiale de 648 places. Cinq jours plus tard, un nouvel incendie s’est déclaré sur le site: si les deux feux ont pu être maitrisés, les tensions risquent de se multiplier dans ce camp surpeuplé, où 21 personnes ont récemment été testées positives à la COVID-19.

 

Retrouvez ici notre précédent article sur les conséquences de l’incendie du camp de Moria, publié le 14/09/2020. 

Article publié le 21/09/2020