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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 septembre 2020

Ces derniers mois, les gouvernements serbe, bosnien et italien ont mis en place plusieurs mesures controversées visant à limiter les arrivées irrégulières le long de la route des Balkans, par laquelle un nombre croissant de personnes tentent de rejoindre l’Europe occidentale.

 Article Route des Balkans c Adobe Stock

© Adobe Stock

 

Alors que la Bosnie ne se trouvait pas sur la « route des Balkans » à proprement dite entre 2015 et 2016, le pays est devenu, ces dernières années, l’un des principaux lieux de transit des migrants en quête d’Europe. Cette évolution peut s’expliquer par les politiques migratoires particulièrement répressives menées par les autres pays de la région, notamment la Hongrie et la Serbie. En août 2020, les autorités serbes ont par exemple lancé la construction d’une barrière à la frontière avec la Macédoine du Nord pour « empêcher toute entrée irrégulière ». Pourtant, le nombre de personnes transitant par les pays des Balkans pour gagner l’Union européenne est actuellement bien moindre qu’en 2015, quand plus de 880 000 exilés avaient emprunté cette route du sud de l’Europe.

Le gouvernement bosnien, qui estime que la pression migratoire s’est accentuée dans le pays, a durci ses contrôles frontaliers : 8 463 personnes ont été refoulées depuis le début de l’année. L’augmentation des arrivées exaspère une partie de la population, particulièrement à Una-Sana, une zone frontalière de la Croatie. Une interdiction d’entrer et de circuler pour toutes les personnes migrantes, qui seraient au nombre de 3 000, y a été décrétée le 19 août, officiellement pour contrer la propagation de la COVID-19. Pour veiller au respect de cette interdiction, jugée « disproportionnée et discriminatoire » par Amnesty International, des patrouilles sont assurées par la police ainsi que par des milices informelles, et des barrages routiers ont été installés sur les axes qui mènent au canton.

Entre le 1er décembre et la fin du mois de juin 2020, 9 300 personnes sont parvenues à rejoindre l’Italie par la région du Frioul-Vénétie Julienne, frontalière de la Slovénie, soit une augmentation de 60 % par rapport à la même période en 2019. En conséquence, l’Italie et la Slovénie ont également renforcé les contrôles à leurs frontières, multipliant dans le même temps le nombre de refoulements. Selon la ministre de l’Intérieur italienne, 852 personnes ont ainsi été « réadmises » en Slovénie en 2020, contre 203 pour l’ensemble de l’année 2019.

 

Retrouvez ici notre article publié le 11/06/2020 sur l’augmentation des arrivées en Italie depuis la Slovénie. 

Article publié le 17/09/2020