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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2020

Si plusieurs pays ont annoncé vouloir accueillir des anciens occupants du camp de Moria, entièrement détruit par un incendie dans la nuit du 8 au 9 septembre, la réaction européenne apparaît insuffisante face à l’ampleur du drame qui se joue actuellement sur l’île grecque de Lesbos.

Photo incendie Moria cUNHCR

© UNHCR

 

Le violent incendie qui a entièrement détruit l’immense camp de Moria aurait été déclenché suite à la révolte de certains groupes de migrants qui refusaient les mesures de confinement imposées après la découverte de plusieurs cas positifs de COVID-19. Cinq jours après ce drame, l’aide humanitaire se fait toujours attendre sur l’île de Lesbos, où l’état d’urgence a été décrété. Sans eau, nourriture, ni toit, la majorité des 12 700 hommes, femmes et enfants qui habitaient dans ce camp d’une capacité initiale de 3 000 places, longtemps montré du doigt pour ses conditions de vie inhumaines, se sont ainsi retrouvés livrés à eux-mêmes et contraints de dormir à la rue.

Mais alors que les voix de nombreuses personnalités politiques et d'ONG se sont élevées en Europe, et particulièrement en Allemagne, pour demander l’évacuation et la relocalisation des demandeurs d'asile vers d’autres pays européens, l’ « initiative européenne » lancée par Angela Merkel et Emmanuel Macron s’est limitée à l’annonce d’une aide humanitaire d’urgence et à l’évacuation prochaine de 400 mineurs isolés étrangers. Seuls 10 pays de l'UE, parmi lesquels les Pays-Bas, la Norvège ou la Suisse, ont depuis répondu à l’appel franco-allemand, mais les propositions de relocalisation demeurent marginales par rapport aux besoins des anciens habitants du camp, parmi lesquels se trouvent 4 000 enfants. Bloqués aux alentours de Moria sans pouvoir rejoindre Mytilène, la principale ville de l’île, des milliers de demandeurs d’asile sans abri ont eux-même appelé les 11 et 13 septembre à leur transfert hors de Grèce.

Pourtant, le Premier ministre grec compte bien poursuivre l'approche répressive qu’il a adoptée depuis son arrivée au pouvoir en 2019. Il a annoncé le 13 septembre la construction « sous cinq jours » d’un nouveau camp provisoire, et a réaffirmé sa volonté de bâtir, à terme, des « centres fermés » pour reloger les migrants sur l’île. Ces deux annonces risquent néanmoins de rencontrer l’opposition des demandeurs d'asile et des habitants de l’île. Excédés, ces derniers ont d’ores et déjà organisé des blocus pour empêcher la tenue de nouveaux travaux. 

 

Retrouvez ici notre précédent article, publié le 10/08/2020, sur le durcissement de la politique migratoire hellénique et la dégradation des conditions de vie dans les camps des îles grecques.

Article publié le 14/09/2020