Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2020

Une enquête du New York Times publiée le 14 août a mis en cause le gouvernement grec qui aurait  secrètement et illégalement renvoyé plus de 1000 migrants des eaux territoriales du pays ces derniers mois au cours de 31 opérations clandestines menées par des « individus masqués ».


grèce

Navire des garde-côtes grecs
© Tilemahos Efthimiadis

Suite à ces révélations, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a démenti pratiquer des refoulements de migrants en mer et a dénoncé des « campagnes de désinformation » orchestrées depuis la Turquie. Le ministre des migrations grec, Notis Mitarachi a quant lui déclaré qu’il s’agissait d’une « propagande » menée par « les réseaux de passeurs » et que ces déclarations n’étaient que des « rumeurs ».  

Les éléments de l’enquête ont été corroborés par le témoignage de soldats allemands ayant affirmé avoir observé des refoulements par la Grèce d’embarcations vers les eaux territoriales turques. Selon l’agence de presse allemande DPA (Deutsche Presse-Agentur), les autorités allemandes ont constaté au moins trois cas d’embarcations refoulées vers la Turquie. À ce témoignage s’ajoute celui de garde-côtes grecs qui ont reconnu avoir procédé le 11 août à des « tirs d’avertissement » sur une embarcation de migrants qui s’approchait de l’île de Rhodes en mer Égée.


Ces pratiques de refoulement de la part de la Grèce font l’objet de nombreuses déclarations et d’accusations de la part de son voisin turc, qui s’expliquent notamment par les tensions diplomatiques récentes entre les deux pays.


L’agence de presse gouvernementale turque, Anadolu Agency (AA), dénonce régulièrement les refoulements grecs. Lors du sauvetage d’un groupe de 38 personnes et un autre de 30 personnes par les garde-côtes turcs au large de la côte de Muğla, l’agence AA a indiqué que ces personnes avaient dans un premier temps été repoussées illégalement par les garde-côtes grecs.


Par ailleurs, la Grèce poursuit sa politique de contrôle à sa frontière et de réduction du nombre de migrants sur son territoire. Pour contrer les arrivées irrégulières de migrants, le porte-parole du gouvernement a annoncé une nouvelle extension de la clôture de séparation déployée depuis 2012 le long de la frontière avec la Turquie.


De plus, le ministre grec chargé des migrations, Notis Mitarachi, a fait état du départ de plus de 12 000 migrants des îles grecques depuis les 6 derniers mois. Selon les ONG, cette forte diminution (de l’ordre de 29,6% depuis le début de l’année) ne signifie pas pour autant une amélioration des conditions de vie dans les camps surpeuplés.


Article publié le 02/09/2020


Pour recevoir nos articles sur les actualités européennes tous les quinze jours, abonnez-vous à la Veille Europe