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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2020

27 migrants secourus en Méditerranée le 5 août par le navire marchand Maersk Etienne sont toujours bloqués à bord. Les demandes de l’entreprise qui affrète le pétrolier – une assistance humanitaire d’urgence et un débarquement dans un port sûr à Malte – restent sans réponse.

 Article Malte 09 20 c Maurice Tricatelle

Une patrouille de garde-côtes à La Valette (Malte)
© Adobe Stock

 

Plusieurs associations, comme Alarm Phone, interpellent depuis plus de cinq semaines les Forces armées maltaises et les décideurs politiques européens pour que les personnes à bord du navire soient immédiatement accueillies dans un port sûr. Le 6 septembre, alors que la situation continuait de se détériorer sur le bateau, trois personnes se sont jetées par-dessus bord dans un acte désespéré avant d’être secourues par les membres de l’équipage. Ces derniers ont alerté sur les conditions de vie sur le bateau, et notamment sur le manque de matériel médical.

Devant le refus maltais d’accueillir ces personnes en provenance de Libye, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’Organisation internationale pour les migrations et la Chambre internationale de marine marchande ont demandé le 7 septembre leur débarquement immédiat, dans le respect du droit international. De la même manière, dès la fin du mois d’août, 29 députés européens de plusieurs partis ont alerté le Premier ministre maltais sur cette « situation inacceptable et inhumaine », appelant au débarquement des personnes à Malte puis à leur répartition entre plusieurs États membres de l’Union.

À ces mobilisations s’ajoute la publication le 8 septembre d’un rapport d’Amnesty International qui accuse le gouvernement maltais de « tactiques illégales » en Méditerranée centrale. L’ONG dénonce les multiples refoulements vers la Libye et les détournements de bateaux vers l’Italie des autorités maltaises depuis plusieurs mois. Selon Amnesty, ces pratiques « exposent un nombre incalculable de personnes à d’épouvantables souffrances ».

Plus d’un mois après une attente sans précédent, les représentants maltais campent sur leur position et renvoient la responsabilité au Danemark, d’où l’entreprise propriétaire du pétrolier est originaire. Mais pour les autorités danoises, les exilés coincés sur le bateau devraient être débarqués en Tunisie puisque le navire se trouve hors de la zone de recherche et de sauvetage maltaise. Pourtant, l’entreprise danoise affirme que la demande de sauvetage lui a été directement adressée par les autorités maltaises.

 

Retrouvez ici notre dernier article publié le 30/07/2020 sur les sauvetages en mer et la position maltaise.

Article publié le 11/09/2020