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Allemagne : la société civile et les régions mobilisées pour les personnes migrantes

Type: Actualités nationales

Alors que l’ONG Sea-Watch a annoncé avoir passé l’un de ses navires sous pavillon allemand et que plusieurs Länder ont déclaré vouloir accueillir des mineurs vivant actuellement dans les camps des îles grecques, tous enjoignent le gouvernement fédéral à agir.

 

Article Allemagne c Jeanne Menjoulet

© Jeanne Menjoulet

À l’occasion de leur conférence biannuelle qui s’est tenue du 4 au 6 décembre, certains ministres régionaux de l’Intérieur ont décidé de se mobiliser pour accueillir quelques-uns des 4 100 mineurs isolés qui vivent dans les îles Égéennes, particulièrement vulnérables face aux conditions de vie désastreuses dans les camps. Le ministre de l’Intérieur de Basse-Saxe, Boris Pistorius, a ainsi accepté d’accueillir près de 100 jeunes sur son territoire, contre 25 pour son homologue du Land de Thuringe. La Ville de Berlin, membre du réseau « Solidarity Cities » (Villes solidaires) aux côtés de Paris ou Barcelone, a aussi confirmé, par la voix de son maire Michael Müller, qu’elle s’apprêtait à accueillir 70 jeunes du camp de Lesbos. Cet engagement des autorités locales fait suite au refus du ministre de l’Intérieur fédéral Host Seehofer de mettre en place un programme d’urgence visant à accueillir 1 000 enfants actuellement bloqués dans les îles grecques, en Allemagne ou dans d’autres États européens, comme proposé par Boris Pistorius suite à une visite à Lesbos en octobre.

De leur côté, les associations, notamment celles de recherche et de sauvetage en mer, attendent également de l’État fédéral allemand davantage de soutien. L’ONG Sea-Watch, dont le navire est sous saisie italienne depuis juillet 2019, a ainsi indiqué le 5 décembre que son navire Sea-Watch 3 était passé d’un pavillon néerlandais à un pavillon allemand, après avoir accusé les Pays-Bas « d’avoir à maintes reprises manqué à leur responsabilités ». L’organisation demande maintenant au gouvernement allemand qu’il « assume pleinement ses responsabilités en tant que nouvel État pavillonnaire, sans ingérence politique ». L’ancienne capitaine du navire, Carola Rakete, a aussi rappelé que les onze personnes que l’Allemagne s’était engagée à accueillir après leur sauvetage en juin étaient toujours bloquées en Italie, alors que les autres réfugiés ont déjà été transférés vers leur pays d’accueil.


Article publié le 11/12/2019