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Bosnie : le camp insalubre de Vučjak officiellement évacué

Type: En bref

L’évacuation du camp de Vučjak, situé dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine, s’est déroulée les 10 et 11 décembre, après que la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic a demandé sa fermeture « sans délai ».

 


Article Bosnie c IFRC
© IFRC


En visite sur place le 6 décembre, Mme Mijatovic, elle-même bosnienne, s’était dite « bouleversée » face aux conditions de vie des 800 résidents, déclarant que « si on ne [fermait] pas ce camp aujourd’hui, les gens [commenceraient] à [y] mourir ». Seulement quelques heures plus tard, les autorités locales et nationales ont finalement annoncé ensemble la fermeture de Vučjak et son évacuation, qui aura duré deux jours. Les personnes ont été transférées près de Sarajevo, la capitale bosnienne, soit dans le camp d’Ušivak (370 personnes) ou dans la caserne de Blazuj (330 personnes), encore en travaux mais où toutes les personnes migrantes devraient à terme être hébergées. Dans un second temps, il sera proposé aux personnes vivant dans les bois ou squats environnants, estimées à plus de 4 000 par l’ONG Médecins sans frontière, d’être relogées dans des centres d’accueil dans le reste du pays.

Si peu d‘éléments sont disponibles sur ces transferts, les journalistes n’ayant pas été autorisés à accéder au site, la ministre de la Santé et du Travail de la région a toutefois déclaré qu’aucun incident n’avait eu lieu. Le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations en Bosnie, Peter Van Der Auweraert, s’est quant à lui dit « fier du travail effectué par tous les acteurs sur le terrain ». D’après la Croix-Rouge locale, de nombreuses personnes auraient néanmoins refusé d’être transférées vers Sarajevo, le camp de Vučjak n’étant situé qu’à 5 kilomètres de la frontière croate qu’elles espèrent pouvoir franchir et ainsi entrer dans l’Union européenne. Une grève de la faim a aussi été organisée au cours du weekend précédent en signe de protestation, et certaines personnes seraient depuis retournées dans la ville frontalière de Bihac afin d’échapper aux transferts.


Article publié le 12/12/2019