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Slovénie : le gouvernement veut sanctionner les « milices anti-migrants » à la frontière croate

Type: En bref

Le 26 novembre, le gouvernement slovène a présenté plusieurs amendements à la loi sur la protection de l’ordre public pour limiter les activités des milices et groupes paramilitaires « anti-migrants » patrouillant à la frontière avec la Croatie.

 

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© Adobestock

 

Les amendements introduits par le ministre de l’Intérieur slovène, Bostjan Poklukar, visent à assurer que le rôle du contrôle des frontières demeure entre les mains des autorités de police. Toute activité conduite par un individu ou un groupe dans ce même but, tout comme le port d’uniformes militaires et d’armes - factices ou non - qui n'ont pas été fournis par l’État, sont considérés à la fois comme des entraves au travail de la police ainsi qu'un trouble à l'ordre public. De tels actes pourront entrainer, pour les individus les commettant, jusqu’à 2000 euros d’amende.

Ces propositions interviennent deux jours après que les forces de police aient procédé au désarmement de la milice Štajerska Guard. Ce groupe paramilitaire, fondé par l’homme politique d’extrême-droite Andrej Šiško, dirigeant du parti Mouvement de la Slovénie Unie, cherche à « assurer l’auto-défense du peuple libre de [la région] de Basse-Styrie » en informant les autorités compétentes de la présence de personnes tentant de franchir la frontière slovéno-croate. En mars 2019, A. Šiško avait été condamné à huit mois de prison pour avoir créé la milice et pour avoir tenté de renverser les institutions étatiques. En l'absence de preuves, les juges slovènes n’avaient cependant pas réussi à le maintenir en détention, la création de la milice ne constituant alors pas un crime en vertu du Code pénal. C’est aussi ce vide législatif que les nouveaux amendements entendent combler.

 

Article publié le 05/12/2019