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Méditerranée : un nombre préoccupant d’interceptions par les garde-côtes libyens

Type: Actualités européennes

Avec plus de 600 personnes secourues entre le 14 et le 24 octobre par les forces armées et garde-côtes nationaux des pays européens et plus de 500 interceptions par les garde-côtes libyens documentées, la situation en Méditerranée soulève les inquiétudes internationales.

 


Sauvetages Méditerranées min
© Tim Lüddemann

 


La Méditerranée a été le théâtre d’un grand nombre de sauvetages au cours des deux dernières semaines. Seul navire humanitaire actuellement présent dans la zone, l’Ocean Viking des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières a porté secours à 354 personnes au cours de trois opérations successives menées au large de la Libye, quand les autorités maltaises, italiennes et espagnoles ont organisé le sauvetage de respectivement 76, 288 et 33 personnes qui tentaient de rejoindre l’Europe.

C’est néanmoins le nombre alarmant d’interceptions par les garde-côtes libyens qui retient toutes les attentions. En effet, selon le rapport « Desperate Journeys » du HCR couvrant la période de janvier à septembre 2019, 58 % des personnes ayant quitté la Libye par la mer en 2019 ont été renvoyées dans le pays en guerre, dont près de 500 personnes entre le 14 et le 21 octobre, et 7 000 depuis le début de l’année. Les conditions de vie y sont pourtant particulièrement effroyables ; le représentant spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, révélant notamment que certains réfugiés étaient obligés de payer pour leur propre détention, ceux-ci « se sentant mieux protégés dans [ces centres] qu’à l’extérieur » où « ils sont la cible de trafiquants d’êtres humains, sont kidnappés ou subissent des extorsions, des actes de torture ».

Rappelant que « la Libye ne constituait pas un port sûr », Vincent Cochetel a également annoncé le 22 octobre l’ouverture d’une enquête du HCR contre Malte, l’organisation internationale soupçonnant les autorités maltaises d’avoir laissé des garde-côtes libyens intercepter une embarcation dans ses eaux territoriales. Les 50 passagers avaient ensuite été transférés dans le centre de rétention de Tarik el Sika à Tripoli. S’il était confirmé, cet évènement constituerait, selon M. Cochetel, une violation claire du droit de la mer et du principe de non-refoulement établi dans la Convention européenne des droits de l’Homme.

 

Article publié le 25/10/2019