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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 mai 2019

Mercredi 8 mai, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a demandé aux autorités hongroises de mettre fin aux traitements inhumains et dégradants que subissent certains demandeurs d’asile et déboutés présents dans des centres de transit à la frontière serbo-hongroise.

 

Photo Hongrie Michael Gubi© Michael Gubi

 

Ce n’est pas la première fois que le pays est rappelé à l’ordre : depuis août 2018, les organisations Hungarian Helsinki Committee (HHC) et Human Rights Watch dénoncent régulièrement le rejet de nombreuses demandes d’asile et la privation de nourriture imposée aux demandeurs déboutés ; le HHC saisissant systématiquement la Cour européenne des droits de l’Homme à ce sujet. Le gouvernement hongrois avait promis de mettre fin à ces procédés après la mise en garde de la juridiction en février 2019.

Pourtant, la situation perdure. Le 3 mai, la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), Ravina Shamdasani, a dit regretter que la loi hongroise n’empêche ce type d’abus : « Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU est alarmé par les informations selon lesquelles des migrants se trouvant dans des centres de détention en Hongrie ont été délibérément privés de nourriture, en violation des lois et des normes internationales ». Selon le HCDH, « au moins 21 migrants attendant d'être expulsés avaient été privés de nourriture par les autorités hongroises - dans certains cas jusqu'à cinq jours » depuis août 2018.

Le HCR s’est quant à lui dit choqué par les pratiques des autorités hongroises consistant à renvoyer du pays, sous la contrainte, des familles demandeuses d’asile, ce qui constitue « une violation flagrante du droit international et européen ». Selon l’organisation, le gouvernement de Viktor Orbàn doit veiller à ce que tous les demandeurs d’asile sous sa responsabilité soient pris en charge et reçoivent de la nourriture, conformément aux législations en vigueur. Quelques jours plus tard, la Commission européenne a à son tour exprimé son inquiétude, disant « prendre ces allégations au sérieux ».  

Le gouvernement hongrois considère pour sa part que les migrants déboutés peuvent quitter librement le pays et retourner vers la Serbie, et donc que « la Hongrie n'est pas responsable de ceux qui ne demandent pas l'asile, ni de ceux dont la demande a été rejetée ».