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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 mai 2019

Dans un rapport publié le 6 mai, les ONG Oxfam Italie et In Migrazione déplorent l’impact majeur des coupes budgétaires sur les salariés du secteur de l’accueil des migrants en Italie, 4 000 ayant déjà perdu leur travail en l’espace de quatre mois.

 

Photo Italie coupes budgétaires Fédération internationale des Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge© Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

 

Ce chiffre, révélé par le syndicat de la fonction publique Funzione Pubblica Cgil, pourrait même être multiplié par quatre, pour atteindre 15 000 d’ici la fin de l’année 2019. Le 3 mai, la Croix Rouge italienne avait annoncé la suppression de 60 postes et le non renouvellement de nombreux contrats avec des partenaires et fournisseurs.

En cause : la réforme du dispositif d’accueil des migrants décidée par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Les nouvelles normes que devront respecter les préfectures dans le cadre des appels d’offre pour la gestion des centres d’accueil ont été revues substantiellement à la baisse : de 35 euros par jour et par personne, la dotation passera à 19 euros pour les plus grands centres d’accueil, et à 26 euros pour les plus petits. Les demandeurs d’asile ne bénéficieront plus des services dits « non essentiels », comme les cours de langue et l’assistance psychologique, qui seront accessibles aux seuls bénéficiaires de la protection internationale.

« Le modèle italien d’accueil diffus risque d’être complètement démantelé, et ceux qui en paieront le prix ne sont pas seulement les migrants et les demandeurs d’asile, qui n’auront pas accès à des services essentiels, mais également des milliers de jeunes travailleurs » a déclaré Oxfam. Évaluant à 36 000 le nombre d’emplois total (travailleurs sociaux, professeurs d’italien, psychologues etc.) que compte le secteur, l’ONG demande une concertation entre le ministère du Travail et le ministère de l’Intérieur afin de revoir les cahiers des charges pour les centres d’accueil qui fixent, notamment, les dotations en personnel.