Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 mai 2020

Selon plusieurs témoignages, des policiers croates auraient frappé et marqué à la peinture des personnes tentant d’entrer sur le territoire. Des accusations démenties alors que le pays cherche à rendre plus hermétiques ses frontières.

 

 frontières Serbie

© Adobe Stock

 

C’est le journal britannique The Guardian, qui, le 12 mai, a révélé, photos à l’appui, les pratiques abusives de policiers croates. Les 6 et 7 mai, une trentaine d’exilés arrivés de Bosnie-Herzégovine auraient été violentés, volés et marqués d’une croix de peinture sur le crâne avant d’être refoulés. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’est dit profondément préoccupé par la situation et a demandé au gouvernement croate de mener une enquête indépendante. Selon le Conseil danois pour les réfugiés, sur les 1 641 personnes refoulées à la frontière entre la Bosnie et la Croatie en avril 2020, 891 déclaraient avoir été victimes de violences policières.

Le 13 mai, les accusations ont pourtant été démenties par le ministère de l’Intérieur croate qui les a qualifiées d’« absurdes et dangereuses », estimant que le quotidien anglo-saxon avait mené une « attaque préméditée contre la République de Croatie ». Des députés européens, qui jugent la réaction des autorités croates suspicieuse, ont demandé la tenue d’une commission d’enquête pour s’assurer du bon respect du « code frontières Schengen » qui fixe les règles relatives au franchissement des frontières de l’Union européenne.

Alors que le directeur de la police croate Nikola Milina affirmait le 16 mai que les entrées illégales en Croatie avaient diminué de près de 50 % au cours des deux derniers mois, le gouvernement a ordonné d’effectuer des “coupes claires” dans les forêts proches de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine pour faciliter les opérations de surveillance.

De manière générale, les conditions de vie des personnes migrantes dans les Balkans se sont détériorées au cours de ces dernières semaines et le franchissement des frontières est devenu de plus en plus difficile, en partie à cause de la pandémie. En Serbie, l’armée a même été déployée dans trois camps situés à la frontière croate après que la population locale s’est plainte de vols et de harcèlement, avant de publier un appel d’offres visant à acquérir du fil de fer pour clôturer plusieurs centres d’accueil.

 

Voir ici notre précédent article sur les violences policières en Croatie publié en juillet 2019

 

Article publié le 29/05/2020

Pour recevoir nos articles sur l’actualité européenne tous les quinze jours, abonnez-vous à la Veille Europe.