Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 mai 2020

Pour atténuer les effets de la crise économique liée au COVID-19, le gouvernement italien a adopté le 13 mai un décret qui autorise les personnes sans papiers à travailler légalement dans certains domaines. 

 

Regularisation migrants itali2028c2920Adobe20Stock

© Adobe Stock

 

En date du 18 mai, l’Italie compte le plus grand nombre de personnes décédées du COVID-19 en Europe – plus de 31 900 – derrière le Royaume-Uni. La pandémie a fortement ébranlé la structure économique du pays, poussant le gouvernement à élaborer un « décret relance » de 55 milliards d’euros. Parmi les secteurs menacés, l’agriculture est particulièrement concernée puisque d’ordinaire, les exploitations font appel à des travailleurs saisonniers venant de pays d’Europe de l’Est, qui sont dans l’impossibilité de rejoindre l’Italie depuis la fermeture des frontières. Inquiètes de la perte des récoltes, d’une pénurie alimentaire et de l’effondrement du secteur, les autorités italiennes ont décidé de régulariser pour six mois environ 400 000 personnes sans papiers qui travaillent dans l’agriculture, en plus des 100 000 qui exercent dans le domaine de l’aide à domicile.

Les représentants des partis de la coalition gouvernementale sont parvenus à un accord le 10 mai après plusieurs semaines de négociations. Si pour le Mouvement 5 étoiles, ces régularisations se font au bénéfice des propriétaires d’exploitations agricoles qui avaient l’habitude de recruter de manière illégale, pour les trois autres, elles permettent d’encadrer l’emploi des personnes migrantes, très souvent exploitées, et d’améliorer leurs conditions de travail. De plus, en travaillant dans la légalité, elles auront accès aux soins, limitant ainsi l’apparition de nouveaux foyers épidémiques. 

 

De ce fait, à partir du 1er juin et jusqu’au 15 juillet, les exploitants agricoles pourront faire une demande de régularisation de leurs employés en payant une contribution forfaitaire de 400 €. Autre possibilité : les étrangers dont le titre de séjour n’est plus valable depuis le 31 octobre 2019 pourront eux-mêmes demander une régularisation en échange d’une participation de 160 €. Tous doivent prouver leur présence en Italie depuis le 8 mars et doivent déjà avoir travaillé dans les secteurs concernés. 

Pour la ministre de l’Agriculture Teresa Bellanova, grâce à cette mesure, « les invisibles deviendront un peu plus visibles ». En revanche, pour certaines ONG de défense des droits de l’homme, elle n’est pas suffisante car provisoire. Pour Cesare Fermi, le Directeur des programmes de migration pour INTERASOS, elle constitue « une absurdité qui donne la priorité à la production plutôt qu’à la dignité ». 

 

Voir ici notre article sur l’appel de plusieurs pays européens à la main d’œuvre des demandeurs d’asile et des réfugiés publié le 24/04/2020.

Article publié le 18/05/2020

Pour recevoir nos articles sur l’actualité européenne tous les quinze jours, abonnez-vous à la Veille Europe.