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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juin 2020

Les arrivées de personnes migrantes dans la région Frioul-Vénétie Julienne depuis la Slovénie ont augmenté depuis le début du mois de mai, conduisant trois maires de villes frontalières à réclamer « une intervention urgente de l’État ». 

 

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© fdecomite

 

Selon le journal italien conservateur Il Giornale, plus de 1 000 demandeurs d’asile seraient arrivés à la frontière nord du pays depuis le mois d’avril, dont 200 dans les premiers jours du mois de juin, ce qui représente une hausse de 23 % par rapport à la même période en 2019. Souvent assistés par des passeurs, des demandeurs d’asile majoritairement afghans, pakistanais et marocains franchissent la frontière italienne après un long et dangereux voyage à travers la Bosnie-Herzégovine, la Croatie puis la Slovénie.  

 

Dans une lettre adressée le 1er juin au gouvernement italien, les maires des villes de Trieste, Gorizia et Tarvisio expriment leur préoccupation face à une situation qu’ils qualifient d’ « ingérable » avec la pandémie de COVID-19. Ils se plaignent notamment du fait que leurs trois municipalités, confrontées à des dizaines d’arrivées quotidiennes, ne disposent plus d’hébergements pour faire respecter la quarantaine obligatoire aux exilés, parmi lesquels de nombreux mineurs isolés. Les trois maires réclament une augmentation des contrôles à la frontière slovène ainsi que la mise en place d’une action diplomatique pour « bloquer la reprise des flux sur la route des Balkans ».  

 

D’un autre côté, dans deux lettres ouvertes publiées le 28 mai et le 5 juin, plusieurs associations d’aide aux migrants ont accusé les autorités italiennes de se livrer à des renvois illégaux de demandeurs d’asile vers la Slovénie, en les empêchant de déposer une demande d’asile en Italie. Selon l’Association d'études juridiques sur l'immigration (ASGI), les demandeurs d’asile refoulés vers la Slovénie sont ensuite renvoyés vers la Croatie, puis vers la Bosnie-Herzégovine, où ils sont laissés « dans des conditions d’abandon moral et matériel ».

 

Depuis des années, la « route des Balkans » s’avère particulièrement dangereuse pour les personnes migrantes. En plus des trafiquants d’êtres humains, les migrants peuvent craindre les actions de la police aux frontières et de milices armées, les conduisant à emprunter des itinéraires dangereux. Le 9 juin, les corps de deux personnes ont été retrouvés dans le fleuve Mreznica, au centre de la Croatie. Selon la police, elles se seraient noyées alors qu’elles tentaient de rejoindre la Slovénie voisine.

 

Article publié le 11/06/2020

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