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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juin 2020

Le ministère grec des Migrations a décidé d’expulser environ 9 000 réfugiés statutaires de leurs logements temporaires afin d’accueillir des demandeurs d’asile des îles égéennes sur le continent.

 

veille 05.06

(c) OSCE Parliement assembly

 

Si un premier programme mis en place en avril avait permis de loger quelques centaines de personnes les plus vulnérables sur le continent, le problème de la surpopulation des camps de la mer Egée reste entier : en mai 2020, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) affirmait que 38 000 personnes vivaient dans des structures initialement prévues pour en accueillir 6 200. Pour répondre aux risques sanitaires et sociaux de cet engorgement, décuplés par la pandémie de COVID-19 et le climat particulièrement tendu entre les citoyens et les exilés, le gouvernement grec a affirmé vouloir déplacer vers le continent les 32 500  demandeurs d’asile bloqués dans des conditions sordides sur les îles de la mer Egée. Pour ce faire, il a réquisitionné, au cours du mois de juin, des appartements et des chambres d’hôtels ou de centres d’accueil et d’identification actuellement occupés par des personnes ayant obtenu le statut de réfugié dans le pays. 

 

Ces saisies sont en partie rendues possibles par un amendement apporté à la loi asile et immigration en mars 2020 qui modifie le délai de grâce accordé aux réfugiés statutaires, pendant lequel un logement et des aides financières sont mis à leur disposition pour les aider à s’autonomiser. Le délai originellement de 6 mois a été raccourci à 30 jours. Si pour Manos Logothetis, le secrétaire du service d’asile grec, « il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place », un grand nombre de réfugiés restent particulièrement vulnérables, marginalisés et confrontés à un manque d’opportunités économiques qui ne leur permettront pas de se reloger. Pour le site d’information Euronews, cette décision pourrait « déclencher une crise humanitaire dans la ville [d’Athènes] ». 

 

Quand le ministère des Migrations grec estime que le programme Helios – un programme d’intégration pour les réfugiés financé par la Commission européenne et mis en place par l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM) – pourrait constituer une partie de la solution, ce dernier ne peut accompagner que 3 500 personnes. En réaction, fin mai, des réfugiés de la capitale avaient manifesté devant les locaux du HCR et qualifié cette décision de « cruelle ». Le 2 juin, la même agence de l’ONU s’est dite très inquiète : le porte-parole de l’organisation, Andrej Mahecic a déclaré que « déplacer le problème des îles vers le continent n’est pas une solution ». Il implore le gouvernement grec de mettre en place des « filets de sécurité » afin de limiter les conséquences sur les réfugiés et d’augmenter la capacité d’accueil nationale. 

 

Voir ici notre article sur les amendements apportés à la loi asile et immigration grecque publié le 26/05/2020

Article publié le 05/06/2020

 

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