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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 au 31 janvier 2020

Les 22 et 23 janvier, des milliers d’habitants des îles grecques ont observé une grève générale et manifesté contre l’ouverture de nouveaux camps et pour une meilleure répartition des personnes migrantes en Grèce et en Europe.

 

Article Grèce c UNHCR Achilleas Zavallis

© UNHCR/ Achilleas Zavallis

 

En première ligne de l’augmentation des arrivées en Grèce - 59 700 entrées par la mer en 2019 et déjà 1 464 entre le 1er et le 22 janvier 2020 - les camps des îles égéennes, où les demandeurs d’asile attendent l’examen de leur demande de protection, sont au bord de l’asphyxie. Certains accueillent en effet plus de dix fois leur capacité, à l’image du camp de Moria où vivent 19 000 personnes pour seulement 2 840 places, ou du camp de Samos qui accueille 7 500 personnes pour 650 places. Les conditions de vie y sont dès lors sordides et les violences se multiplient : deux personnes ont ainsi été tuées à l’arme blanche dans le camp de Moria les 15 et 17 janvier.

 

En signe de protestation contre la création de cinq nouveaux centres fermés d’une capacité de 5 000 places chacun dans les îles de la mer Égée, tel qu’annoncé par le gouvernement en novembre 2019, les magasins et services publics ont fermé les 22 et 23 janvier, au moment où se rassemblaient 3 000 personnes à Lesbos et 1 500 à Samos, en scandant le slogan « Nous voulons récupérer nos îles, nous voulons récupérer nos vies ». Les autorités locales, qui souhaitent que ces nouvelles structures soient limitées à 1 000 personnes, se sont ainsi rendues à Athènes le 23 janvier pour présenter leurs revendications au ministère des Migrations, rétabli le 15 janvier – six mois après avoir été supprimé. Reconnaissant légitimes « [l’] anxiété et [l’] indignation » des habitants, le ministre Notis Mitarakis a réitéré sa promesse de réduire les arrivées et d’accélérer les expulsions, notamment vers la Turquie, et les transferts vers la Grèce continentale. S’ils se sont mis d’accord sur l’ouverture de structures supplémentaires pour accueillir les nouveaux arrivants, la taille et le mode de fonctionnement de ces centres font quant à eux toujours débat. Le ministre a annoncé sa volonté de rencontrer les maires concernés et le gouverneur régional d’Égée-Septentrionale toutes les deux semaines pour trouver un terrain d’entente.

 

Alors que le gouvernement multiplie depuis plusieurs mois les appels à davantage de solidarité européenne, le porte-parole de la Commission européenne pour les migrations, les affaires intérieures et la citoyenneté, Adalbert Jahnz, a par ailleurs déclaré que la Commission était « consciente de la situation en Grèce » et qu’elle discutait à la manière d’apporter son soutien. Le gouvernement serbe a quant à lui annoncé le 15 janvier sa volonté d’accueillir une centaine de mineurs isolés présents dans îles grecques, tandis que la France a promis le 20 janvier d’accueillir 400 demandeurs d’asile et de soutenir le pays afin de « faciliter les reconduites » des personnes déboutées dans leur pays d’origine.

 

Voir ici notre dernier article sur la Grèce publié le 03/12/2019.

Article publié le 24/01/2020