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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 au 31 janvier 2020

Un plan d’action pour lutter contre l’exploitation dans le secteur agricole en Italie devrait être présenté prochainement, selon une déclaration de la ministre de l’Agriculture Teresa Bellanova du 11 janvier, alors que plus de 2 500 travailleurs migrants en ont été victimes entre 2018 et 2019 dans le pays.

 

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Les cas d’exploitation de travailleurs agricoles migrants rapportés par la force d’intervention dédiée des Carabiniers, les forces de police italiennes, ont considérablement augmenté au cours des dernières années, le nombre d’arrestations pour ce motif passant de 56 en 2018 à 108 en 2019. Parmi les 2 500 victimes recensées sur la même période – majoritairement originaires de Roumanie, du Pakistan, de la Chine ou du Maroc – une majorité travaillait dans les régions du sud de l’Italie. Employées dans des exploitations agricoles, ces personnes n’ont généralement pas de contrat de travail et vivent, selon la police italienne, dans des « conditions brutales inhumaines ». En octobre 2019, une centaine de travailleurs, en situation régulière pour la plupart, avaient par exemple été découverts dans la sous-région du Vulture, dans le sud du pays, vivant dans des bidonvilles et forcés de travailler 12 heures par jour pour des rémunérations en dessous du seuil minimum versées seulement à la fin de la saison des récoltes.

 

La stratégie de lutte contre ce type d’exploitation avait déjà été redéfinie en 2018 grâce à la collaboration entre différentes unités de protection du travail et de la santé et l’implication des Carabiniers. Le nouveau plan interministériel, porté par les ministères de l’Agriculture, du Travail et de l’Intérieur, se concentrera quant à lui sur la prévention. Il prévoit notamment la création d’une plate-forme via laquelle les entreprises pourront désormais se mettre en relation avec des travailleurs possédant les qualifications dont ils ont besoin, ainsi que le développement de solutions de transport et de logement spécifiques. L’objectif est de donner une fonction plus importante aux régions dans ce domaine, pour qu’elles se substituent aux « chefs de gang» qui jouent aujourd’hui le rôle d’intermédiaire entre les travailleurs qu’ils savent vulnérables, qu’ils recrutent puis acheminent directement vers les exploitations agricoles, certaines cherchant à tout prix une main d’œuvre bon marché. Ce nouveau plan d’action permettra ainsi, selon Mme Bellanova, de « passer de la phase dans laquelle nous [..] utilisons [les migrants] comme travailleurs à une phase dans laquelle nous les prenons en considération et les respectons en tant que citoyens ».

 

Article publié le 17/01/2020