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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 au 31 janvier 2020

En dépit des tensions, la rencontre très attendue du vendredi 24 janvier entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan à Istanbul a ouvert de nouvelles voies à la coopération entre l’Union européenne et la Turquie sur la question des réfugiés.

 

Article Rencontre Erdogan Merkel c World Humanitarian Summit

© World Humanitarian Summit

 

Rappelons que les relations entre la Turquie et l’Union européenne sont depuis quelques années particulièrement tendues. Pour le gouvernement turc, l’accord UE-Turquie n’a que partiellement été respecté. Melvüt Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères turc, a annoncé dans des médias allemands, que l’aide financière de 6 milliards d’euros promise par l’UE  n’aurait pas encore été entièrement versée. Des propos confirmés par Erdogan vendredi, alors que la Commission européenne soutenait en décembre que la somme avait entièrement été mobilisée.

Au-delà  de cet accord, les deux homologues ont surtout abordé leurs inquiétudes relatives aux conflits en Syrie et en Libye. Avec les offensives menées ces dernières semaines par Bachar el-Assad dans la province d’Idleb, dernier bastion rebelle stratégique dans le nord-ouest de la Syrie, Erdogan prévoit une arrivée de 400 000 syriens vers la frontière turque. Tandis que l’Europe craint elle aussi une nouvelle arrivée majeure de migrants, Merkel se dit prête à prendre dès à présent un ensemble de mesures afin de ne pas reproduire les erreurs de 2015. La chancelière a ainsi évoqué la potentielle augmentation de l’aide financière : « Je peux imaginer que l’UE fournisse un soutien au-delà des deux fois 3 milliards ». Elle se dit également prête à soutenir Erdogan pour un projet de construction d’une zone de sécurité au nord de la Syrie avec la construction de plus de 10 000 logements, grande première pour l’Union européenne. Cette prise de position généreuse de la chancelière a suscité de vives réactions. Pour Sevim Dagdelen, spécialiste de la politique du parti allemand Die Linke, l’UE considère Erdogan comme la solution au problème des réfugiés alors qu’il en serait la cause.

Concernant la Libye,  Merkel tire les enseignements de la conférence multilatérale tenue la semaine précédente à Berlin : elle maintient l’appel à consolider la fragile trêve. Erdogan a quant à lui opté pour une position plus radicale : il prévoit d’envoyer des troupes sur le terrain, en soutien à Fayez al-Sarraz. Tous deux craignent la répétition d’un scénario syrien si le maréchal Haftar n’est pas rapidement écarté. Erdogan a même déclaré vendredi  24 janvier que « si le calme n’est pas rétabli dès que possible, l’atmosphère chaotique en Libye affectera tout le bassin méditerranéen ». Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a souligné qu’environ 40 000 migrants et réfugiés se trouvaient actuellement en Libye et qu’une nouvelle crise pourrait précipiter la traversée d’un grand nombre d’entre eux.

Article publié le 30/01/2020