fbpx
Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 novembre 2020

Créé en 2012 par l’ONG Lesvos Solidarity, le centre autogéré Pikpa hébergeait 74 réfugiés vulnérables, dont des femmes isolées et des mineurs non accompagnés. Le 30 octobre, le centre a été évacué par les autorités grecques et ses habitants ont été transférés vers le camp municipal de Kara Tepe, dont la fermeture a également été annoncée par le gouvernement.


Pikpa c UNHCR Gordon Welters

© UNHCR / Gordon Welters

 

Les autorités grecques ont procédé, dans la matinée du 30 octobre, à l’évacuation des 74 personnes résidant au centre autogéré Pikpa, sur l’île de Lesbos. Efi Latsoudi, responsable du camp et lauréate du prix Nansen du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en 2016, a déploré sur Facebook le procédé « indécent et inhumain » des autorités, qui ont forcé les réfugiés à abandonner le camp dans la précipitation alors qu’ils y étaient parfois installés depuis plusieurs années. L’avenir de ces personnes est désormais incertain : si elles ont été transférées dans le camp municipal permanent de Kara Tepe, doté d’une capacité de 1 000 places pour l’accueil de demandeurs d’asile vulnérables, le gouvernement grec a annoncé vouloir fermer ce camp d’ici la fin 2020 et rassembler tous les demandeurs d’asile de l’île dans une unique structure « permanente et fermée » d’ici à l’été 2021. Dans un communiqué de presse conjoint, plusieurs ONG ont exhorté le gouvernement grec à renoncer à la fermeture de ce camp, le seul selon elles à pouvoir répondre aux besoins spécifiques des personnes migrantes vulnérables sur l’île de Lesbos.

La décision de fermer Pikpa ainsi que le camp permanent de Kara Tepe - situé à proximité du nouveau camp provisoire ouvert après l’incendie de Moria du 8 septembre - avait été prise fin septembre par les autorités grecques afin de satisfaire une partie de la population locale, excédée par la présence des demandeurs d’asile sur l’île. 160 ONG s’étaient alors mobilisées et avaient publié une lettre ouverte, adressée aux autorités grecques, pour dénoncer cette décision. 

L’association Médecins sans frontières (MSF) a de son côté appelé à l’évacuation immédiate des habitants des camps situés sur l’île voisine de Samos, suite à l’important tremblement de terre qui a touché les îles égéennes et la Turquie le 30 octobre et à l’incendie qui s’est déclaré le 2 novembre dans le camp de Vathy, où vivent près de 4 200 migrants. Bien qu'aucun blessé ne soit à déplorer, MSF rappelle que « le camp de Vathy n'est pas un endroit sûr ».

 

Voir ici notre article publié le 13/10/2020 sur les conditions de vies à Kara Tepe et la situation des migrants sur les îles grecques.

Article publié le 05/11/2020