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Italie : Salvini entre victoire électorale et revers judiciaires

Thématique : Actualités nationales

Si avec 34% des suffrages recueillis aux élections européennes en Italie, le parti de Matteo Salvini, la Lega, réalise un score record, le ministre de l’Intérieur doit faire face aux menaces d’anticonstitutionnalité qui pèsent sur son nouveau décret sécurité et compter avec des décisions judiciaires qui vont à contrecourant de sa politique migratoire.

 

Article Italie Salvini Parlement européen© Parlement européen
Matteo Salvini au Parlement européen en 2017

 

Présenté en Conseil des ministres le 21 mai, un nouveau décret « sécurité-bis » permettrait d’infliger des amendes – de 3500 à 5500 euros – aux navires humanitaires pour chaque migrant débarqué en Italie (voir notre article précédent sur le décret ici). En l’absence d’accord sur le texte, son examen a été repoussé. Le Président de la République, Sergio Mattarella, aurait émis des doutes quant à la constitutionalité du décret, tout comme le Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui a adressé parallèlement une lettre au gouvernement italien, l’exhortant à retirer le décret et à bloquer la disposition sur les amendes.

Plusieurs décisions judiciaires sont aussi venues perturber l’agenda du ministre. Alors qu’il avait refusé l’accès aux ports italiens au navire humanitaire Sea-Watch 3 avec à son bord 47 migrants, une décision de la justice italienne a autorisé leur débarquement le 19 mai dans le port de Lampedusa, avant que le bateau ne soit placé sous séquestre. Dans le même temps, deux migrants qui avaient dérouté un navire civil qui les ramenait en Libye après leur sauvetage en juillet 2018 ont été reconnus non-coupables par le tribunal de Trapani, en Sicile. Le juge a estimé qu’ils avaient agi par légitime défense et a demandé leur libération immédiate. Cette décision crée un précédent important en Italie, puisqu’elle reconnait que la Libye ne peut être considérée comme un port sûr.

Enfin, le tribunal administratif régional de Calabre, au sud-ouest du pays, a jugé que le ministère de l'Intérieur avait eu tort d'exclure la ville de Riace de son système de protection des demandeurs d'asile et des réfugiés (SPRAR). La commune de l’ancien maire Domenico Lucano, connue pour son administration favorable aux migrants, avait été écartée du système en raison de prétendues irrégularités dans l’aide aux réfugiés.

Malgré ces complications judiciaires, l’immigration demeure le cheval de bataille de Salvini et le catalyseur du succès croissant de son parti, la Lega. Dans une conférence de presse donnée le 27 mai, le ministre de l’Intérieur a réaffirmé que « l’immigration sera l’une des premières batailles qu’il mènera au niveau européen ».