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Offensive turque en Syrie : l’Union européenne craint une « nouvelle vague de migrants »

Thématique : Actualités européennes

Face à la nouvelle offensive lancée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie le 9 octobre, les États européens craignent que ce conflit ne conduise des millions de personnes à fuir vers l’Europe, reproduisant selon le ministre de l’Intérieur allemand la « crise migratoire de 2015 ».

 

Article Turquie c European Union 2016 European ParliamentUn camp de réfugiés syriens en Turquie
© European Union 2016 - European Parliament

La politique migratoire turque est depuis plusieurs semaines au cœur des préoccupations européennes. Après l’annonce de son retrait de l’accord de réadmission avec l’Union européenne (UE) en juillet, puis sa menace, début septembre, « d’ouvrir les portes » vers les pays européens en l’absence d’un soutien renforcé, c’est désormais l’offensive lancée par la Turquie qui suscite des inquiétudes. Celle-ci vise, entre autres, à rapatrier les 3,6 millions de réfugiés syriens présents en Turquie dans une « zone de sécurité » au nord du territoire syrien.

Le 3 octobre, les ministres de l’Intérieur grec et allemand, ainsi que le Commissaire européen à la Migration, aux Affaires intérieures et à la Citoyenneté M. Avramópoulos, s’étaient déjà rendus en Turquie pour enjoindre le président Erdogan à respecter sa part de l’accord avec l’UE, la Grèce faisant face à une augmentation des arrivées de 240% depuis mai 2019 et à une saturation inédite de ses centres d’accueil. C’est désormais une véritable « catastrophe humanitaire » que craint le président du Conseil européen Donald Tusk, tandis que les premières frappes aériennes lancées par l’armée turque le 10 octobre ont déjà fait une soixantaine de victimes civiles. Ciblant en particulier des infrastructures civiles « vitales », 130 000 personnes ont déjà fui leur domicile, et 450 000 pourraient bientôt être contraintes de le faire selon le Comité international de secours.

Le président de la Commission européenne, M. Juncker, a rapidement réagi, appelant la Turquie « à mettre un terme aux opérations déjà en cours » et annonçant la tenue d’une discussion sur la Turquie lors du prochain Conseil européen des 17 et 18 octobre à Bruxelles. Le président Erdogan a quant à lui réitéré sa menace « d’ouvrir les portes » et « d’envoyer les 3,6 millions de réfugiés » syriens en Europe, si l’intervention turque était qualifiée d’ « occupation » par l’UE.

Article publié le 14/10/2019