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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 avril 2019

Le 27 mars dernier, l’Union européenne a décidé de suspendre temporairement le déploiement de ses moyens navals de sauvetage des migrants au large de la Libye.

 

LUE suspend les moyens maritimes de lopération Sophia© Ian S/ Creative Commons

 

Le mandat de l’opération EUNAVFOR Med, connue sous le nom de Sophia, qui arrivait à échéance le 31 mars 2019, a été prolongé jusqu’au 30 septembre, mais sans ses moyens maritimes. Pour pallier la suspension temporaire de ce type d’opérations, la prolongation de la mission prévoit l’augmentation des patrouilles aériennes pour repérer les embarcations de migrants, ainsi que la formation des garde-côtes libyens à la lutte contre le trafic d’êtres humains.

L’opération Sophia avait été lancée en juin 2015 après une série de naufrages et pour lutter contre les réseaux de passeurs en Méditerranée. Mais depuis l’été 2018, plus aucune opération de secours n’avait eu lieu. Depuis que la coalition « antisystème », formée par le Mouvement cinq étoiles et la Ligue, est au pouvoir en Italie, la mission européenne Sophia est menacée en raison du désaccord entre Rome et plusieurs États membres sur la prise en charge des migrants recueillis en mer.

Pour Amnesty International, cette décision est « une abdication scandaleuse des gouvernements européens face à leurs responsabilités ». Quant à la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, elle a annoncé regretter la décision de réduire encore le nombre de bateaux susceptibles d’opérer des sauvetages en Méditerranée alors que des migrants continuent d’y mourir.

Cette diminution des moyens de l’opération Sophia intervient alors que l’action des ONG de sauvetage en mer continue d’être compliquée. Le navire humanitaire de l’ONG allemande Sea-Eye, le Aylan Kurdi, qui avait secouru 64 migrants le 4 avril, a été contraint de patienter 10 jours en mer avant que les autorités maltaises ne l’autorise à débarquer sur ses côtes, à la suite d’un accord de répartition entre la France, le Luxembourg, l’Allemagne et le Portugal.