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1971-1980 : La mise en place de l’action de france terre d’asile et du dispositif national d’accueil

Lors du coup d’État au Chili de septembre 1973, France terre d’asile se mobilise et propose à des associations de se regrouper au sein d’un comité de coordination pour l’accueil des réfugiés du Chili, qui permettra de rassembler plus de 25 associations et groupements pendant plus de deux ans.

Dans ce même temps, elle participe à la mise en place administrative d’un dispositif d’accueil au titre de l’aide sociale permettant d’accueillir les personnes qui arrivent en France munies d’une autorisation préalable d’entrée et de séjour dans des centres provisoires d’hébergement (CPH). De nombreuses nationalités sont dénombrées parmi ces arrivées officielles entre 1973 et fin 1974, vagues successives de réfugiés accueillies dans le Chili d’Allende, Argentins, Péruviens, Brésiliens, mais aussi Uruguayens, Haïtiens, Boliviens, Dominicains, Nicaraguayens, puis quelques unités originaires du Honduras, du Guatemala, San Salvador, Paraguay, et, bien sûr, de très nombreux Chiliens. À tous ces réfugiés d’Amérique latine, s’ajoutent ceux venus le plus souvent en isolés des pays de l’Est, d’Afrique noire, du Moyen-Orient, de l’Extrême-Orient et qui demandent l’asile aux frontières. D’autres sont des groupes bénéficiant d’autorisations préalables, tels que des Éthiopiens de Djibouti lors de l’accession de ce pays à l’indépendance, plus tard des Comoriens suite au coup d’État survenu dans leur pays.

Fin 1974, ce sont près de 30 CPH qui ont été mobilisés ou créés pour l’accueil de ces populations, France terre d’asile étant responsable de leurs salariés jusqu’à mi 1975, la Cimade et le Secours Catholique participant activement à ses côtés à la gestion de ces établissements. Elle effectue dans cette même période des démarches parallèles afin que ces réfugiés (terme englobant à l’époque demandeurs d’asile et réfugiés statutaires) puissent bénéficier d’un apprentissage accéléré du français et que les budgets alloués à cet effet soient augmentés.

Force de proposition, France terre d’asile travaille à une décentralisation de ce dispositif en province bien qu’il s’agisse dans ses débuts d’une entreprise complexe. France terre d’asile ouvre un premier CPH, dit éclaté, qui servit de référence aux nombreux CPH éclatés créés par la suite pour l’accueil des populations du sud-est asiatique.

Les principales missions de l’association sont lancées : promouvoir une véritable politique d’accueil des réfugiés, organiser un premier accueil de ces populations, préparer et faciliter l’insertion de ces personnes en réunissant les premiers éléments (langue parlée, travail, logement)…

Ayant prouvé ses compétences dans le domaine de l’accueil d’urgence, France terre d’asile est missionnée, en 1975, pour organiser aux côtés d’autres structures partenaires, l’accueil des nombreux réfugiés provenant de l’Asie du Sud-Est. Six d’entres elles, la Cimade, le Comité national d’entraide, la Croix-Rouge française, France terre d’asile, le Secours catholique et le SSAE se réunissent régulièrement en un comité de liaison qui traite de tous les aspects de l’accueil et de la répartition des tâches.

France terre d’asile se voit confier la responsabilité des centres de transit, de la prospection en vue de l’ouverture des centres d’hébergement et du contrôle du processus de première insertion. Deux centres de transit gérés par l’association voient donc le jour, à Créteil et à Puteaux. Ces centres sont destinés à recevoir les réfugiés pour un premier accueil sanitaire et social nécessaire à leur orientation vers un CPH.

De mai 1975 à la fin février 1980, 63 056 réfugiés originaires pour la presque totalité des trois pays de l’ancienne Indochine sont accueillis officiellement en France. Ces deux missions ont permis de renforcer le rôle de coordinateur et la position de médiateur privilégié de France terre d’asile avec le gouvernement durant cette période de mise en place du dispositif national d’accueil (DNA) dont la gestion lui est confiée.