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Majorité et gouvernement veulent déminer le débat sur l'immigration

 

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L'Assemblée nationale va mettre en place un groupe de travail afin de préparer l'arrivée du projet de loi asile et immigration du gouvernement, d'ores et déjà critiqué pour plusieurs circulaires renforçant le contrôle des demandeurs d'asile.

 

L'Assemblée nationale entend organiser dès le 22 janvier des visites de députés dans les commissariats et les gendarmeries puis, le 12 février, des visites dans les centres de détention administrative et les zones d'attente, a annoncé mercredi la Commission des lois. Le projet de loi est attendu à l'Assemblée au premier semestre 2018.

L'accélération des expulsions et l'introduction de contrôles jusqu'au sein des centres d'hébergement d'urgence, prévue dans une circulaire du 12 décembre, a déclenché une vague de contestation des associations et de premières lignes de faille au sein de la majorité présidentielle.

Sonia Krimi, députée La République en marche de la Manche, a interpellé mardi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur sa politique d'asile, sous les applaudissements de l'opposition de La France insoumise. "Les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre République", a-t-elle dit lors des questions au gouvernement.

Un peu plus de sept mois après l'entrée d'Emmanuel Macron à l'Elysée, la politique d'asile semble s'imposer comme le premier révélateur de divergences au sein de sa majorité.

"Vu le projet de loi que prépare le gouvernement, qui est exactement à l'inverse de son intervention [de Sonia Krimi] (...) j'espère que nous retrouverons certains de ses députés qui voteront en leur âme et conscience, comme Sonia Krimi, lors de l'examen de cette loi et peut-être parviendrons-nous à la modifier", a déclaré mercredi soir Eric Coquerel, député de la France insoumise de Seine Saint Denis, sur CNEWS.

Du côté du gouvernement, "pédagogie" et "compréhension" sont les maîtres mots afin de justifier cette réforme.

"Mon devoir est de faire un peu de pédagogie, d'expliquer ce qu'il en est aujourd'hui de dire, comme le dit le président de la République, qu'il faut réduire l'examen de la demande d'asile", reconnaissait mardi dans les couloirs de l'Assemblée le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Le gouvernement n'entend pas remettre en cause l'inconditionnalité de l'accueil des migrants et veut rendre plus "efficace" sa politique de droit d'asile, a assuré mercredi Edouard Philippe sur RTL, tout en disant "comprendre parfaitement" l'attention des associations.

 

 

Le 20/12/17,Challenge, par Emile Picy et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse