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Mineurs isolés étrangers : des élus s'opposent au fichage

express 

Annoncé jeudi, ce fichier "modifie la procédure d'évaluation" des mineurs pour "renforcer le concours de l'État".

Après les associations, plusieurs élus ont à leur tour partagé leur colère face à la création du fichier des mineurs isolés étrangers, qui vient d'être annoncé dans le Journal officiel. S'il a pour ambition de soulager financièrement les départements dans leur accompagnement des migrants de moins de 18 ans, certains politiques y voient un nouvel outil de lutte contre l'immigration. 

 

"À l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant"

Dans une lettre au Premier ministre Édouard Philippe, la maire de Paris Anne Hidalgo et le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel ont martelé qu'ils ne participeraient pas à ce fichier qui doit compiler l'état civil et les empreintes digitales de tous les mineurs non accompagnés (MNA). Un tel fichier "va à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant" et de la mission de protection de l'enfance des départements, estime la lettre. 

Les députées LREM Stella Dupont, Delphine Bagarry, Sonia Krimi, Sandrine Mörch et Martine Wonner se sont aussi opposées à la création de ce fichier, estimant dans un communiqué qu'il représente "une menace au respect des droits des jeunes sollicitant la protection des départements". Ils ont ainsi réclamé des "garanties", notamment au regard des risques d'expulsion. 

 

La "situation absurde" du 93

Même si la démarche n'est pas obligatoire, les départements seront en effet amenés à devenir "des auxiliaires de la politique de contrôle des flux migratoires" en transmettant aux préfectures des données qui, si le jeune est évalué majeur, seront aussitôt transférées au fichier des étrangers en situation irrégulière, avec un risque de reconduite à la frontière, s'alarment Anne Hidalgo et Stéphane Troussel.

Dans une lettre distincte à la Garde des Sceaux Nicole Belloubet, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis s'est par ailleurs inquiété de la "situation absurde" du 93, qui se voit confier des MNA supplémentaires, aux termes d'une clé de répartition nationale, "alors même qu'elle est déjà le deuxième département qui en accueille le plus". "La soutenabilité financière des prises en charge" de MNA n'est possible "qu'à la condition d'un réel accompagnement financier de la part de l'État", ajoute-t-il.

 

Par L'Express.fr avec AFP, publié le 01/02/2019

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