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Turquie : l'Europe programme 640 millions d'euros d'aide aux réfugiésDepuis 2016, l'UE a consacré 1,45 milliard d'euros aux réfugiés, majoritairement syriens, en Turquie, qui fait office de « frontières extérieures ».

le point

Depuis 2016, l'UE a consacré 1,45 milliard d'euros aux réfugiés, majoritairement syriens, en Turquie, qui fait office de « frontières extérieures ».

 

En 2019, la Turquie abrite toujours près de 4 millions de réfugiés, essentiellement syriens, sur son territoire et fait ainsi office de « frontières extérieures » de l'Union européenne. Pour cette année, l'UE va soutenir, une nouvelle fois, le régime d'Erdogan à hauteur de 640 millions d'euros, ce qui correspond à la deuxième tranche des 3 milliards d'euros de facilités convenue au titre de l'aide aux réfugiés. Depuis 2016, l'UE a consacré 1,45 milliard d'euros aux réfugiés en Turquie. Au total, 1,5 million de réfugiés en Turquie bénéficient de ce programme humanitaire. En contrepartie de ce « plan d'aide social d'urgence » – sa dénomination officielle –, les autorités turques acceptent de garder tous les réfugiés tentant d'entrer en Europe par la Grèce.

La Turquie, un pays de 82,8 millions d'habitants, réalise ainsi un effort très important pour limiter l'arrivée de migrants en Grèce. Les réfugiés représentent 4,7 % de sa population. Si la France fournissait le même effort, elle accueillerait 3,1 millions de réfugiés... Les demandes d'asile en France se sont élevées à 100 000 en 2017, en hausse de 17 %. C'est dire si le verrou turc est important. Au Liban, l'effort d'accueil est encore plus grand puisqu'un habitant sur quatre est un réfugié syrien.


Embarras

Ce programme européen d'assistance est mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Croissant-Rouge turc, en concertation étroite avec les autorités d'Ankara. Grâce au financement de l'UE, qui s'élève à près d'un milliard d'euros à ce jour, les réfugiés reçoivent environ 20 euros par mois et par personne, ainsi que des compléments tous les trois mois pour faire face à leurs besoins élémentaires. En complément, l'Union européenne transfère des fonds (84 millions d'euros), via l'Unicef, pour couvrir les frais de scolarisation qui ont bénéficié à 410 000 enfants à ce jour.

Seuls 180 000 réfugiés vivent dans des camps gérés par les autorités turques. Les autres vivent plus difficilement avec très peu de ressources. On comprend donc l'embarras des autorités européennes à rompre officiellement le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Si les négociations sont au point mort et que les dirigeants européens, d'Emmanuel Macron à Angela Merkel, multiplient les déclarations de « rupture » dans la presse, officiellement, le processus d'adhésion n'est pas rompu. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lui-même hésite. « Je suis contre cette idée simple, superficielle, parfois démagogique et populiste qui voudrait que nous rompions les négociations d'adhésion avec la Turquie », avait-il déclaré à Varna, en Bulgarie, à l'issue du sommet UE-Turquie. Il est bien conscient qu'il ne faut pas heurter davantage un voisin turc qui exerce, par la question migratoire, une pression décisive sur la stabilité politique en Europe.

 

Le Point par Emmanuel BERETTA, le 7 Janvier 2019

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