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Démantèlement du camp d’Angres : la protection des personnes vulnérables doit être une priorité

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Par France terre d'asile, le 07 février 2018

 

Il y a 1 an, nous avons publié une enquête de terrain auprès des migrants vietnamiens en transit dans le département du Pas-de-Calais, et notamment sur le camp d’Angres, situé à 100 km du littoral, entre Arras et Calais.

Le démantèlement du camp d’Angres a été mené ce mardi 06 février 2017 en début de matinée, suite à une opération de police judiciaire visant à interpeller les passeurs, à l’issue de laquelle une vingtaine de personnes vietnamiennes ont été interpellées et placées en rétention. Selon les associations sur place, il y avait une cinquantaine de personnes lundi sur le camp, et on ignore où sont maintenant les 25 ou 30 autres personnes d’origine vietnamienne qui vivaient sur le camp.

Nous voulons rappeler que dans de tels camps, des personnes vulnérables (notamment des femmes et des mineurs) sont présentes. Si 8 mineurs ont pu être mis à l’abri, à cette heure, selon nos informations, aucun dispositif spécifique n’a été mis en œuvre pour déterminer la vulnérabilité des personnes aux mains des réseaux et en particulier évaluer leur risque en cas de retour au Vietnam. En effet, comme nous l’avions constaté lors de notre enquête de terrain, les personnes transitent via ce camp pour se rendre au Royaume-Uni où elles comptent parmi les premières nationalités identifiées comme victimes de traite.

La France s’est engagée dans la lutte contre la traite des êtres humains, à travers la signature du « protocole de Palerme » et de la convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humaines, dite convention de Varsovie, entrée en vigueur en France en mai 2008 et qui prévoit la mise en place d’un mécanisme national de coordination en la matière. Elle s’est engagée encore dernièrement, par la voix du Président, qui avait déclaré après la révélation d’actions d’esclavage en Libye, qu’il s’agissait de « crimes contre l’humanité » et que la France voulait aller plus loin pour démanteler les réseaux et prévoir des sanctions contre les passeurs, dans le cadre de l’ONU. Nul doute que cette action saura s’étendre à la France aussi, et nous attendons impatiemment le plan d’action 2017-2019 de la MIPROF sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Nous recommandons la plus grande vigilance par rapport à ces situations, et nous continuerons à alerter les institutions sur les besoins des personnes vulnérables, dont les personnes d’origine vietnamienne. Depuis fin 2016, France terre d’asile a ainsi initié un partenariat approfondi avec Pacific Links Foundation, ONG américaine basée au Vietnam, et le Collectif fraternité migrants bassin minier 62 pour aider cette population méconnue.

 

 

Mise à jour du 11 février 2018 :

Sur les 18 personnes placées en rétention, les 11 enfermés au centre de Coquelles ont été libérés par le Juge des libertés, pour vice de procédure. Les 7 personnes enfermées à Oissel avec la même procédure, eux, n'ont pas été libérés. Ils attendent l'audience devant le tribunal administratif. 

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