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Fort impact de la pandémie sur les chiffres 2020 relatifs à l’asile et à l’immigration

Les statistiques annuelles en matière d’immigration, d’asile et d’acquisition de la nationalité française publiées le 21 janvier 2021 par le ministère de l’Intérieur reflètent l’impact important de  la pandémie de coronavirus sur les flux migratoires et le fonctionnement des services publics et instances décisionnaires.

 

Visuel les chiffres de lasile et limmigration 2020

 

Des demandes d’asile en forte baisse

En 2020, 81 669 premières demandes (mineurs compris) et 11 757 demandes de réexamens ont été présentés au sein des Guichets uniques pour demandeurs d’asile (GUDA), soit un recul de 38,9 % par rapport à 2019. Si la fermeture des frontières et des liaisons avec de nombreux pays a nécessairement eu un impact sur le nombre d’arrivées, cette baisse est également liée à la suspension ou la réduction de l’activité d’un certain nombre de guichets uniques pendant l’année et en particulier pendant le premier confinement.

Les deux principales nationalités des primo-demandeurs d’asile demeurent l’Afghanistan et le Bangladesh. Il faut souligner l’entrée de la Turquie, du Congo, de l’Ukraine ainsi que de la Somalie dans les dix principales nationalités des primo-demandeurs d’asile.

 

tableau

 

L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) a pris 70 036 décisions (- 26,6% par rapport à 2019) tandis que la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) a pris 42 035 décisions (- 36,8 % par rapport à 2019). L’activité de ces deux instances a également été impactée par le premier confinement avec la suspension des entretiens et des audiences.

 Le taux de protection, qui consiste à rapporter les décisions d’octroi d’une protection (statut de réfugié ou protection subsidiaire) à l’ensemble des décisions prises au cours de l’année par l’établissement, s’est établi à 23,7 % devant l’Ofpra et à 37,7 % après recours devant la Cour nationale du droit d’asile.

Au total, 24 118 personnes (hors mineurs accompagnants) ont pu obtenir une protection en 2020, pour 36 275 personnes en 2019, soit une baisse de 33,5 %.


image article chiffresSource : ministère de l’Intérieur

Un ralentissement important de la délivrance de visas et titres de séjour

Il existe une corrélation forte entre le nombre de visas demandés et le nombre de visas délivrés en 2020, qui, en raison d’un recul sans précédent des déplacements internationaux du fait de la pandémie de coronavirus, ont baissé de près de 80 % par rapport à l’année 2019. Alors que plus de 3,5 millions de visas, y compris de court séjour lié au tourisme ou aux déplacements professionnels, avaient été délivrés en 2019, il n’a été accordé que 711 312 visas en 2020. En particulier, il faut souligner que les délivrances de visas de long séjour pour les réfugiés et apatrides ont baissé de près de 60 %.

Concernant les délivrances de titres de séjour, la baisse serait moins significative puisque celles-ci sont en recul de 20,5% par rapport à 2019, avec environ 220 535 titres de séjours délivrés. L’immigration familiale, qui est la plus importante, subit une baisse modérée de 16,9 % tandis que les premiers titres humanitaires seraient également en recul de 15,3 %.

La poursuite de l’éloignement des étrangers en situation irrégulière

Les éloignements d’étrangers en situation irrégulière sont en baisse de 47,8 % en 2020, ces derniers ayant aussi été impactés par la fermeture des frontières et la suspension des liaisons aériennes avec de nombreux pays. Si les éloignements forcés (- 51,8 %) se sont nettement repliés, les éloignements aidés et spontanés ont en revanche moins baissé (- 39,8% et - 22,7%). Ainsi, 15 950 étrangers en situation irrégulière ont quitté le territoire en 2019, contre 31 404 en 2019.

Un accès moindre à la nationalité française

En 2020, le flux annuel des acquisitions de la nationalité française par décret et par déclaration (mariages, ascendants et fratries) avec 61 371 nouveaux Français est en baisse de 20,0 %. Les acquisitions par décret continuent de baisser (-15,6 %) et les acquisitions à raison du mariage sont en retrait de 27,9 % après deux années de hausse consécutive. 

 

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