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Le défi de la Maison du jeune réfugié, à Saint-Omer : rassembler la mise à l’abri en un lieu

la voix du nord

En sept ans, la Maison du jeune réfugié, née à Saint-Omer rue des Bleuets en septembre 2012 dans le contexte de la crise migratoire à Calais pour adoucir le quotidien des jeunes mineurs isolés, n’a cessé de grandir. Son prochain défi, rassembler la mise à l’abri, soit 80 places, en un seul lieu. Elle l’espère pour le premier trimestre 2020.

Avant septembre 2012 et la création de la Maison du jeune réfugié (MJR) à Saint-Omer, 99 % des mineurs isolés étrangers repérés lors de maraudes dans les camps à Calais, Tatinghem ou ailleurs, et mis à l’abri dans les dispositifs classiques d’aide sociale à l’enfance « fuguaient dans les 48 heures, indique Jean-François Roger, le directeur de la MJR. Aujourd’hui, on est presque à 40 % de jeunes qui se stabilisent ». La question de leur accompagnement avait été posée trois ans plus tôt, lors d’un colloque réunissant les Départements du Nord et du Pas-de-Calais et France terre d’asile. L’association avait été missionnée pour rédiger un projet de lieu, dédié aux mineurs isolés étrangers de 15 à 18 ans.

 

De 30 à 80 places

En sept ans, la Maison du jeune réfugié audomaroise, gérée conjointement par France terre d’asile et le Département du Pas-de-Calais, a évolué au rythme de la crise migratoire. Initialement, 30 places de mise à l’abri sont créées, elles passent à 38 en janvier 2014, 80 aujourd’hui, réparties entre les locaux de la MJR rue Saint-Bertin et des espaces mis à disposition par le centre Anne-Frank. « Le pic, c’est 2015-2016, au moment du centre d’accueil provisoire à Calais qui a accueilli jusqu’à 8 000 personnes », rappelle Jean-François Roger. On estime que 15 à 20 % d’entre eux sont mineurs, soit entre 800 et 1 500 jeunes. En février 2017, la capacité d’accueil du dispositif de mise à l’abri, à Saint-Omer, passe à 80 places.

En sept ans, 7 000 mineurs isolés étrangers ont été mis à l’abri, « ça veut dire qu’on leur a proposé un hébergement, de dormir, de manger, de bénéficier de soins et d’être informés sur leurs droits en France », résume Jean-François Roger. Dont 2 200 en 2017, l’année après le démantèlement de la jungle à Calais, et 800 en 2018, « les flux ont diminué », observe Jean-François Roger. Les nationalités n’ont pas beaucoup évolué, Érythréens, Afghans et Soudanais. En 2017, 15 % d’entre eux se sont stabilisés, 40 % en 2018. « Plus les jeunes sont nombreux, moins on a de temps avec eux », reconnaît le directeur de la MJR. Depuis 2017, grâce à la procédure de réunification familiale et l’amendement Dubs, qui facilitent, en substance, le départ vers l’Angleterre des mineurs isolés étrangers, 40 mineurs en 2018 et autant ces six premiers mois de 2019, ont pu rallier la Grande-Bretagne.

 

Améliorer le service, en un lieu

Aujourd’hui, le dispositif de mise à l’abri ne fonctionne pas à plein : « On a trente places de libre », précise Jean-François Roger, ce qui laisse à la MJR une marge de manœuvre. Le défi, c’est de rassembler les 80 places en un lieu, identifié. « Être en deux lieux, c’est multiplier les coûts. Sur un lieu, on espère améliorer le service rendu aux jeunes. »

 

Pourquoi le flux migratoire se tarit 

Ils étaient 8 000 réfugiés en 2015-2016, avant le démantèlement de la jungle de Calais, et entre 800 et 1 500 mineurs isolés étrangers. France terre d’asile, depuis Saint-Omer, continue sa maraude quotidienne à Calais, où « on estime qu’il y a quinze à vingt mineurs », précise Jean-François Roger. Si le nombre de réfugiés à Calais a diminué, « c’est parce qu’il se répartit autrement sur la côte en Normandie et en Belgique ». La sécurisation des lieux de passage rend aussi la traversée vers l’Angleterre plus compliquée, et freine les candidats au passage. Ceux qui tentent tout de même de passer prennent plus de risques, à bord de canots, parfois de fortune. « En dix ans à France terre d’asile, je n’avais jamais rencontré ce phénomène », confie Jean-François Roger.

La Voix du Nord, par Jennifer-Laure Djian, publié le 31/07/2019

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