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Un train pour favoriser l’intégration des réfugiés va parcourir cinq villes de France

le figaro

Le « train de la solidarité », à l’initiative de l’UNHCR, de la SNCF, de la mairie de Paris et du gouvernement, parcourra cinq villes de France avant d’arriver à Genève pour le Forum mondial des réfugiés les 16 et 17 décembre.


Le son des tam tam retentit dans la parfaite acoustique du hall 2 de la gare de Lyon, à Paris, ce jeudi 28 novembre. Distraits, les voyageurs trainent leurs valises, hagards, à la recherche de leur quai. D’autres, plus intrigués, se rapprochent de l’estrade où deux musiciens tapent frénétiquement sur une caisse acoustique et un djembé. L’attitude de ces voyageurs résume bien l’enjeu du «train de la solidarité» avec les réfugiés, inauguré ce jour quai numéro cinq: passer de l’indifférence à la rencontre.

À l’initiative de l’UNHCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), de la SNCF, de la Mairie de Paris et de la Délégation interministérielle chargée de l’accueil et de l’intégration des réfugiés (DIAIR), placé sous le haut patronage du Président de la République, ce train pacourra cinq villes françaises avant d’arriver à Genève le 16 décembre pour le 1er Forum mondial sur les réfugiés. La locomotive bleu foncé et jaune aux allures de l’Eurostar affiche, en guise de fenêtres, de grandes photographies de réfugiés, hommes, femmes, enfants, tous de différentes couleurs de peau.

Après trois jours de stationnement à Paris - Gare de Lyon, le train est attendu à la gare de Bordeaux St-Jean ce 1er décembre, puis en gare de Clermont-Ferrand le 3 décembre. Suite du parcours le 12 décembre à Lyon-Perrache, les 13 et 14 décembre à Strasbourg et enfin les 16 et 17 à Genève. Dans chacune de ces villes, conférences, concerts ou autres activités artistiques seront organisées en gare en partenariat avec les associations ou mairies.

 

Favoriser le rôle des villes et des associations

 

L’objectif ? Donner une illustration concrète du Pacte mondial des réfugiés, approuvée le 17 décembre 2018 par l’Assemblée générale des Nations unies, qui visait notamment à renforcer l’autonomie des réfugiés. «L’idée est de montrer que chacun compte pour favoriser l‘accueil et l‘intégration des réfugiés: gouvernements, secteur privé, associations, citoyens», explique au Figaro Céline Schmitt, porte-parole de l’UNHCR France. «Créer la rencontre» mais aussi de «mettre en avant la bonne pratique dans les villes» pour l’intégration des réfugiés, telle est la vocation de ce train-exposition qui sera également ouvert aux visites scolaires.

À bord, on progresse d’abord dans deux voitures d’expositions: sur l’histoire de la protection des réfugiés pendant la première guerre mondiale - des «réfugiés célèbres» tels Marlene Dietrich, Albert Einstein ou Freddie Mercury y sont à l’honneur -, puis sur la situation actuelle des réfugiés en France, en Europe et dans le monde. Cette partie, davantage pédagogique, permet de répondre à de nombreuses questions que le public se pose: pourquoi fuient-ils? De quels pays viennent-ils? Quelle différence entre un réfugié et un demandeur d’asile? On y apprend, par exemple, que seuls 16% des réfugiés sont accueillis dans des régions riches et développées.

La voiture suivante met en avant les solutions pour leur intégration, notamment en matière d’accès à l’emploi, d’emploi, de santé et de lien social. On y découvre des témoignages de réfugiés ayant créé leur entreprise, ou des exemples de villages ayant accueilli des exilés pour redynamiser leurs activités économiques.

Pour cela , le train de la solidarité s’appuie notamment sur trois partenaires. La Fondation SNCF, qui a développé un programme pour l’intégration des réfugiés, avec notamment l’apprentissage de la langue française via l’association Apprentis d’Auteuil, et la mise en oeuvre d’une mission de 500 parrainages proposés à ses salariés. La Fondation Sanofi espoir, elle, apporte un soutien médico-social aux réfugiés en soutenant de nombreux projets en France depuis 2017. La Fondation Generali - The Human Safety Net, enfin, favorise l’intégration des réfugiés en les aidant à trouver un emploi ou à créer leur entreprise.

Une troisième voiture est dédiée aux conférences. Place, enfin, à une voiture-bar, où seront prévues «des activités pour les visites de scolaires, ou encore des activités autour de la cuisine», précise Céline Schmitt. Des traiteurs ou chefs réfugiés pourront en effet partager la gastronomie de leur pays d’origine. Petit avant goût lors de l’inauguration via l’association «les cuistots migrateurs», qui a permis aux visiteurs de déguster des saveurs d’Éthiopie, de Syrie, d’Iran, du Népal et du Sénégal.

Dans chaque ville, une dizaine de réfugiés feront partie des bénévoles venus accueillir le public, organiser des visites guidées du train ou encore participer aux activités culinaires ou musicales. Quai numéro 5, gare de Lyon, Honorine, bénévole et demandeuse d’asile originaire de RDC glisse timidement: «Cela fait plaisir de voir qu’on est considérés en France». «Ce projet est un pas en avant pour la cause des réfugiés qui fuient la guerre, les persécutions mais aussi les désastres naturels, ajoute Jean-Pierre, réfugié bénévole originaire du Rwanda, ayant obtenu le statut de réfugié depuis plus de trois ans. Il est temps que l’on considère les réfugiés comme des personnes à part entière.»

 

Le Figaro, par Bénédicte Lutaud, publié le 01/12/2019

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